2 salles, 2 ambiances...


Confinés que nous sommes... 

Tester le BCG en Afrique, enterrer des Pokemon... zappant sur les chaînes d'infos à la recherche de la moindre nouveauté, nous ne sommes pas à l'abri de nous prendre ce genre de propos en pleine face ! Et comme y'a pénurie de masque surtout contre la connerie, on ne peut que chercher ailleurs, pour entendre d'autres son de cloches.  Loin des médias mainstream qui nous sortent par les yeux et les oreilles, il existe un autre monde : la réalité ! 

 

Mais sur les chaînes d'information... 

Quelle est l'information donc ? Sur LCI,  Jean-Paul Mira, chef de service de médecine intensive et de réanimation à l'hôpital Cochin, qui se veut "provocateur"  tient des propos racistes. Sur BFM, on entend, sur des images de la journée d’hommage aux 3 326 victimes du CoVid-19 en Chine, les propos racistes du journaliste Emmanuel Lechypre, se croyant en off.

Finalement, est-ce qu'on en n'apprendrait pas plus en revoyant les images du Professeur Raoult et ses propos sur la réalité des scientifiques ? 

Quoi qu'il en soit, nous avons  bien deux salles, deux ambiances ! 

 

Droit de réponse : 

Jean-Paul Mira, chef de service de médecine intensive et de réanimation à l'hôpital Cochin :« Je veux présenter toutes mes excuses à celles et à ceux qui ont été heurtés, choqués, qui se sont sentis insultés par des propos que j’ai maladroitement prononcés ». L'Assistance publique des hôpitaux de Paris a également réagi. Le directoire de l'AP-HP se dit « choqué » par les propos du médecin. 

l'Inserm déclare de son côté  que le chercheur Camille Locht, interrogé sur LCI présente ses excuses, soulignant « qu'il n'a tenu aucun propos raciste », « que les conditions de l'interview ne lui ont pas permis de réagir correctement ». Son intention était selon lui d'affirmer que « tous les pays devront pouvoir bénéficier des fruits de la recherche ».

BFM prive d’antenne une semaine Emmanuel Lechypre après son propos "insultant" prononcé samedi 4 avril. Pour le journaliste :  « Ces propos inappropriés ont été diffusés à l'antenne alors que je pensais les micros fermés. Je tiens sincèrement à m'en excuser ».

 

Droit de réponse au droit de réponse

Le pire, c'est la racisme du quotidien, le banal, l'ordinaire, celui qui glisse tout seul, de la bouche de ceux qui vous disent ne pas être racistes. Ils en sont persuadés et c'est bien cela le problème.

En général, être "provocateur" faire une "mauvaise vanne" en aparté, ne signifie pas et ne peut en aucun cas être raciste. Parce que le racisme c'est hors-la-loi, c'est un délit, voire un crime passible de sanctions. Lorsque les insultes, injures, ou diffamations ne sont pas publiques le Code Pénal prévoit une amende d'au moins 135 euros. Et le comble, dans nos histoires... c'est que  la lutte contre le racisme et la xénophobie repose essentiellement sur les dispositions de la loi sur la liberté de la presse et sur celles relatives aux discriminations. En effet, la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse contient plusieurs dispositions sanctionnant notamment la provocation à la haine raciale, les injures et les diffamations à caractère raciste. La rédaction de ces infractions résulte, pour l'essentiel, de la loi n° 72-546 du 1er juillet 1972 relative à la lutte contre le racisme. Lorsqu'elles sont publiques, la haine, les injures et les diffamations à caractère racistes sont punies par les articles 24, 24 bis, 32 et 33 de la loi du 29 juillet 1881. 45 000 euros d'amende, un an d'emprisonnement... C'est du sérieux ! Une semaine de suspension d'antenne ? Vous êtes sérieux ?

 

 

Et on peut arguer tant et plus de la liberté d'expression, on est d'accord que cette liberté s'arrête aux limites du légal !  On est bien d'accord ? Non ? On en reparle, alors... 

 

Virginie Legourd

Le 9 avril 2020