Ariane Brodier, comme vous ne l'avez jamais entendue !

Ariane Brodier ? Ah oui, la fille de la télé ! Me répondez-vous... Certes, Ariane fait partie de notre PAF depuis les années 2000. Mais Ariane Brodier est aussi une passionnée de littérature, de sport, de RAP... Une amoureuse aussi, qui attend actuellement un heureux événement. C'est un vrai plaisir de discuter avec elle et c'est pourquoi Rebellissime partage cette interview. 

 

Nouvelle recrue de Camping Paradis, elle joue Juliette, responsable des sports, un rôle taillé sur mesure ! Parce qu'Ariane est une vraie fan de sport, limite addict, en tout cas elle aime le challenge et se passione pour la boxe Thaï et la philosophie asiatique . On la découvre en 2001 sur M6 où elle va enchaîner les programmes : le Morning-live en co-animation avec Cyril Hanouna, la météo, Tubisso, Star 6 ou encore Club… Elle découvre l'improvisation et y prend goût. Il faut dire qu'Ariane a également une formation théâtrale. Elle joue dans « les bons cons font les bons amis » au théâtre des Blancs manteaux puis « Ah vos souhaits » d’Eric Leroch. A la TV dans « Scènes de ménage», au cinéma dans « Bis » de Dominique Farrugia... Comédienne, mais aussi auteure, c'est tout naturellement qu' après 10 ans de télé, Ariane Brodier se consacre à son envie de one woman. Un nouveau challenge, une passion, celle de nous faire rire. Dans son spectacle « MYTHO », mis en scène par Jarry, elle interprète des personnages mythologiques plus fous les une que les autres. Un univers décalé qui lui colle à la peau. Comme le personnage de  « Juliette » la nouvelle responsable des sports dans « Camping Paradis » au coté de Laurent Ournac et de sa bande… Un rôle sur-mesure pour pour la fanatique de sport. Ariane Brodier, c'est un peu un esprit sain dans un corps sain puisque depuis ses 9 ans elle pratique quotidiennement , athlétisme, danse, boxe thaïlandaise, yoga ou fitness...  Un nouveau rôle dans la vraie vie, celui de maman, la grossesse est une nouvelle expérience, un moment attendu depuis toujours qu'elle partage dans son blog Ariane Brodier 9 moi, http://9moi.arianebrodier.fr/, en restant elle-même drôle sportive et positive. Entretien multisujets :  


Rebellissime : Vous vous destiniez à une carrière d'auteur, merci de nous raconter. 

Ariane Brodier: "J'ai fait des études de lettres et je pensais devenir écrivain... Ce qui explique pourquoi j'écris tout ce que je fais : mon spectacle, j'écris pour les autres, j'écris des films, des fictions, j'ai toujours mes textes pour les émissions que j'ai présentées. C'est hyper important pour moi". 

 

Rebellissime : Vous avez également animé la Nuit de la Romance, organisée par la maison d'édition Nisha. Quels rapports entretenez-vous avec la lecture ? 

Ariane Brodier : "Ayant fait une prépa littéraire, j'ai tellement lu que bizarrement aujourd'hui, je suis plus addict des faits divers ! Après avoir dévoré des tonnes de romans, je suis à fond dans les faits divers, les biographies... Il y a évidemment des auteurs qui me plaisent toujours autant. J'aime beaucoup Beigbeder, Yann Moix... Dès que l'écriture est un petit peu virulente, j'aime bien. Quant à la littérature romantique, je suis totalement novice ! Je ne connais pas du tout cet univers ! En voyant l'engouement que cela suscite, je me dis que je devrai essayer !  Commencer par lire, pour découvrir et comprendre le genre. Je pense comprendre déjà la technique d'écriture. Je connais les ingrédients de cette littérature pour avoir, comme tout le monde essayer. "50 nuances de grey", c'est vrai j'ai essayé, mais je n'ai pas accroché. En même temps, il semble que ce ne soit pas forcément le bon livre. Ce n'est pas parce qu'il a explosé, que c'est le meilleur ou le plus représentatif du genre. Il faut dire que je suis une grande fan de Zola... Nous ne sommes pas du tout dans le même genre !

 

Rebellissime : Pourquoi avoir accepter d'animer la nuit de la Romance, alors ? 

Ariane Brodier : "Mais justement ! Quand je vois toutes les lectrices, fanatiques, cela me fait penser à l'univers de certaines séries comme Vampire Diaries. J'aime bien tout cet engouement. Le concept de Nisha Editions, qui personnalise et crée de petits films à partir de ses romans, me plaît beaucoup. C'est novateur. Si cela risque de cloisonner l'esprit en projetant une image sur ce qu'on lit, en même temps, ça peut aussi faire rêver. C'est une nouvelle manière de lire, comme le eBook. Un nouveau mode de lecture auquel, je n'arrive pas non plus à me mettre, mais dont je reconnais le caractère novateur. C'est la nouvelle génération ! A l'époque de nos mères, voir de nos grand-mères, on appelait cela la littérature à l'eau de rose, un peu holé, holé ! Avec toutes ces scènes d'amour, cette littérature faisait un petit peu rougir ! Elle avait aussi une image bas de gamme, ou encore de littérature honteuse que l'on cache ! On assiste, actuellement, notamment avec Nisha à un renouveau du style. Faire des personnages de vraies stars, cela modernise le genre !" 

 

Rebellissime : Et votre spectacle, Mytho ?

Ariane Brodier : "Mytho, en référence à la mythologie ! Je suis ferue de mythologie. Ça commence avec mon prénom : Ariane ! Fille de Minos (fils de Zeus et d'Europe) et de Pasiphaé (fille d'Hélios, dieu du soleil). Ariane qui a aidé Thésée à sortir du labyrinthe, grâce à son fameux fil, le fil d'Ariane. Mes parents m'ont donné ce prénom, grâce ou à cause, je ne sais pas, de la mythologie... Pour mon spectacle, je suis partie du postulat qu'Ariane, qui a une vie sentimentale horrible puisque Thésée qui l'a séduite lorsqu'il sort du labyrinthe lui promet de l'épouser. Mais finalement, il se casse avec sa sœur Phèdre ! Je me suis donc dit "mince, je m'appelle Ariane, c'est pour cela que j'ai une loose sentimentale ! " D'ailleurs, puisqu'on en parle. En creusant un peu au sujet du prénom Ariane dans la littérature, on se rend compte qu'il est toujours associé à des héroïnes aux vies pourries ! Dans Belle du seigneur (d'Albert Cohen) , Ariane et Solal... On croit que c'est une super belle histoire d'amour, sauf qu'il la laisse tomber parce qu'elle est trop vieille pour lui ! Encore une fin horrible. Tout comme dans la mythologie où Ariane meurt de chagrin parce que Thésée l'abandonne sur une île ! Partant de ce postulat... Je m'appelle Ariane et que du coup, j'étais mal chanceuse en amour. Dans le spectacle, je parle de ma vie, je croise des personnages narcissiques, parce qu'on a tous un petit côté narcissique. Tout le monde connaît le complexe d’œdipe, le chant des Sirènes, les Champs Elysées, toutes ces expressions sont des expressions mythologiques. Il y a aussi tous ces personnages hauts en couleurs et je me donne un malin plaisir à les interpréter, tout en me racontant !"

Virginie Legourd et Ariane Brodier

Ariane Brodier lors de la Nuit de la Romance de Nisha Editions


Rebellissime : On connaît plus le personnage télé d'Ariane Brodier que celui de la passionnée de lettres et de mythologie, pourquoi ? 

Ariane Brodier : "Rien de volontaire, mais c'est tout de même, il faut bien l'avouer, plus difficile de parler de la mythologie en télé ! La télé n'est qu'une petite fenêtre sur ce que l'on peut être. Les personnes vous regardent dans le petit écran sans pour autant savoir quels sont vos goûts, chacun livre plus ou moins de lui-même ! Et puis à quel moment, j'aurai l'occasion de dire que c'est moi qui écrit tous les textes des émissions que je présente... Ce n'est pas forcément ce que les médias vont faire ressortir de mon personnage médiatique. Mai, j'ai arrêté de me battre. Souvent au sortir de mon spectacle, les gens venaient me féliciter pour la drôlerie des textes et me demandaient qui les écrit  ! Il y avait donc dans la même phrase un compliment et une insulte. Mais mon interlocuteur ne s'en rend même pas compte. Du coup, je n'y fais même plus attention, j'ai pris beaucoup de distance par rapport à tout cela. "

 

Rebellissime : La place et l'image de la femme en télé  n'est-elle pas un peu réductrice ?

Ariane Brodier : "Non !  C'est difficile de tout dire en télé, surtout dans la catégorie du divertissement de laquelle je suis issue. Quand on est animatrice d'un magazine télé politique, que l'on fait un lancement, des enchaînements en lisant son prompteur, on ne va jamais dire de vous que vous êtes légère. Parce que vous faites partie d'un contenu sérieux. Mais quand vous évoluez dans une émission de divertissement où vous faites surtout des vannes et des galipettes, il est plus facile de vous cataloguer comme une personne creuse qui ne sait faire que cela. La plus grande richesse, la plus grande intelligence c'est avoir de l'humour, d'être capable de prendre du recul sur soi-même, de savoir faire preuve d'auto-dérision, d'être conscient que l'on ne peut pas plaire à tout le monde. Alors non, cela ne me dérange pas plus que cela. Et puis, je ne vais pas me mettre à crier et revendiquer partout ce que j'ai fait, écrit... ce serait totalement ridicule ! Je ne fais pas ce métier pour cela !"

 

Rebellissime : Quel regard portez-vous sur l'image des femmes à la télé ? 

Ariane Brodier : "C'est difficile aujourd'hui d'être une femme ! Ça l'était aussi hier, alors j'espère que ce le sera moins demain ! J'ai eu, pour ma part, beaucoup de mal à être femme. La féminité n'est pas quelque chose que j'ai accepté et bien vécu. J'étais très grande, très pulpeuse... encore enfant et je n'étais pas prête à cela. Si j'avais pu, j'aurai choisi d'être un garçon !

 

Rebellissime : Et la boxe alors ? 

Ariane Brodier : "Cela fait 10 ans que j'en fait. A chaque fois que j'ai visité un pays, j'ai essayé le sport local. Il y a dix ans, je suis partie en Thaïlande et je suis tombée amoureuse du pays et de la boxe. J'ai suivi un maître, passé beaucoup, beaucoup de mois en Thaïlande, pour pouvoir apprendre les techniques de la boxe. Dans mon spectacle mis en scène par Jarry, je fais du tissus acrobatique, une discipline de circassiens. Effectivement, je me challenge beaucoup, j'ai un rapport au sport très présent dans ma vie. Et puis la scène et la boxe, c'est un peu pareil, vous avez beau vous être entraîné pendant des heures, être le meilleur en sparring, quand vous arrivez sur un ring, vous ne connaissez pas l'adversaire en face. C'est pareil sur scène, vous avez beau avoir gratté, répété avoir les meilleures vannes du monde, un texte au top... vous ne connaissez pas le public face auquel vous vous retrouvez. C'est très similaire et la pratique de la boxe me sert beaucoup. Le sport en général fait partie de mon quotidien. Je suis addict, si je n'en fais pas tous les jours, ça ne va pas. Dans la boxe, ce n'est pas la violence qui m'intéresse mais le côté traditionnel Thaïlandais : le dépassement de soi, le respect d'autrui. C'est à la fois complémentaire et antinomique." 

 

Rebellissime : Brahim Asloum me confiait lors d'une interview qu'il constate que la boxe se féminise, que ses valeurs sont de plus en plus prisées par un public de plus en plus large. Qu'est-ce que cela vous inspire ? 

Ariane Brodier : "La boxe Thaïlandaise est très différente de la boxe anglaise de Brahim Asloum. C'est une boxe très dure, très physique. En Thaïlande, les enfants commencent la boxe très tôt, avant même d'apprendre à nager !   C'est comme apprendre à parler, compter... Et puis il y a le phénomène d'appartenance à un camps. Quand on est issu d'un milieu défavoriser, on intègre un camps pour apprendre à boxer. Il y avant chaque combat, un Ram Muay, une danse traditionnelle qui met en avant les origines des pratiquants,leur maître... On salue le tapis, son maître avant de monter sur le tapis. Toute cette forme de respect, c'est ce qui me plaît dans les valeurs de la boxe Thaï." 

 

Rebellissime : A qui aimeriez-vous mettre un high kick ? 

Ariane Brodier : "Personne ! Je ne suis pas violente. Justement parce que je connais mes capacités physiques. Donc je n'ai rien à prouver à personne ! Haïr quelqu'un, c'est lui donner trop d'importance. Personne ne mérite ma haine ! Le déni, le dédain peut-être, mais la haine, non !" 

 

Rebellissime : Vous écrivez vos textes, mais quels sont ceux qui vous font rire ? 

Ariane Brodier :"Plein de gens me font rire ! Il y a des humoristes français qui sont géniaux. Je suis fanatique de Baptiste Le Capelain, qui est aussi un ami et que j'adore. J'aime beaucoup mon metteur en scène Jarry. Il y a aussi beaucoup de femmes qui me font rire, Melissa McCarthy. L'humour n'est pas un univers féminin, comme la boxe, et c'est peut-être pour ça que je les ai choisi ! J'ai l'habitude de faire des choses, pas forcément dans les rails. C'est pour ça que j'ai décidé d'arrêter la télé parce que je devais trop m'y travestir : m'habiller en fille, faire des choses qui ne me correspondent pas. Mettre des talons par exemple, dès que j'en porte, toutes mes copines se foutent de ma gueule ! Je suis vraiment de la génération basket et sweat. L'humour au féminin, c'est toujours plus compliqué. C'est un peu comme le football. On aime regarder un match de garçons, mais moins de filles. L'humour, c'est pareil. Une fille avec un humour un peu rentre-dedans, qui parle de cul... tout de suite on est offusqué, alors qu'avec un homme, non ! Nos mères se sont battues pour l'égalité, mais elle n'est pas totale. On essaie. On se challenge. La force d'être une femme c'est de se battre, d'être une guerrière. Toutes les femmes sont des guerrières. Je ne sais pas si tous les hommes sont des guerriers, en revanche, toutes les femmes ont des choses à prouver tout le temps!" 

 

Rebellissime : Vous revendiquez votre culture hip-hop. Quel regard portez-vous sur l'évolution du hip-hop ? 

Ariane Brodier  : "Des choses très positives, d'autres beaucoup moins. J'aime beaucoup le collectif 1995. Ils perdurent dans les chansons à textes avec des prod' très nineteen. Je suis moins fan de Jul par exemple. Je suis de la génération IAM, NTM, Lunatic,Oxmo Puccino, donc forcément c'est très différent ! Ce que je déplore c'est que les gens parlent de plus en plus mal. Et c'est dommage parce que s'ils écoutaient les textes que l'on écoutait dans les années 90, eh bien justement, il y avait du texte ! Les rappeurs étaient ont en quelque sorte le relais des rockers. Je m'explique : alors que le mouvement rock s'est tu vers la fin des années 90, les rappeurs revendiquaient, dénonçaient, se rebellaient. C'est en cela aussi que le mouvement Hip hop a fédéré toute une génération. Le RAP, c'était la voix du peuple. Comme il y a eu Renaud, ou même Balavoine. Et pour moi, la voix du peuple, ce n'est pas l'auto-tune, "chérie, bébé, si j'aurai..." et autres fautes de français et pauvreté de textes ou de rimes, que je peux entendre et qui me traumatise." 

 

Rebellissime : Que peut-on vous souhaiter Ariane ? 

Ariane Brodier : "Juste la santé ! La santé pour notre bébé !  En Japonais, je crois, que si l'on traduit aurevoir et merci, on souhaite une bonne santé. Cela peut faire sourire, mais en réalité, c'est tout ce qui compte. Quand on a la santé, on a tout. La santé, c'est le bonheur. En nous souhaitant une bonne santé, vous nous souhaitez le bonheur !" 

 

Question Rebellissime : Quel est votre rebelle préféré ? 

Arianne Brodier : "Jim Morisson ! Je suis une fan absolue : le côté poète maudit. Comme je suis une grande fan de Rimbaud. C'est vraiment les mecs rebelles au top, c'est con, parce que les deux sont morts ! Je suis aussi une grande fan de mon mec, parce j'ai la chance d'avoir le mec le plus génial de la planète, un rebelle à sa manière. Il s'appelle Fulgence Ouedraogo, il est joueur de rugby et il est géniallissime !

 

Question Rebellissime : L'interculturalité, pour vous, c'est quoi ? 

Ariane Brodier"C'est tellement de choses ! Comme notre interview, nous avons échangé sur la musique, le sport, la littérature, la télé, la place des femmes... L'interculturalité, c'est savoir s'ouvrir l'esprit, mélanger les genres et les styles. Ce qui me paraît le plus interculturelle, c'est le voyage ! Voyager, c'est rencontrer des gens différents,explorer un art,une langue, des sociétés différentes. L'interculturalité, c'est l'ouverture !" 

 

Merci Ariane, et bonne santé à votre petite famille ! 

 

Ariane Brodier et Virginie Legourd                                                                                                                       11 novembre 2017



 

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