Langues de Chats

Inutile de travailler nos cordes vocales pour miauler à l’unisson avec nos amis les chats. Ils ne comprendraient pas ! Observons, écoutons nos matous nous parlent.

 

Alors que les humains se cassent les neurones à reproduire des sons pour former des mots qui n’ont même pas le même sens d’un pays à l’autre, les chats communiquent à tout va, tout naturellement. Entre eux, mais aussi avec nous et les autres animaux. Ne se limitant pas aux miaulements, ils ronronnent et jouent de leur corps. Dico décodeur du langage félin. 

Le langage du corps :

 

Totalement naturel et instinctif ce langage basique n’en reste pas moins très éloquent. Silencieux, il n’en perd pourtant pas de son efficacité.

Je t’aime bien : Oreilles pointées vers l’avant, la queue dressée, ses yeux nous fixent, débordant d’ondes positives. Le chat est de bonne humeur, surtout de bonne disposition à notre égard, un brin intéressé. 

Hé ! Ho ? : Côté prise de contact, les chats sont du genre direct. Ils frottent leur tête contre nous ou sur leurs congénères pour les accueillir. C’est ainsi que maman est reçue par ses bébés de retour de ses promenades hors du panier familial.

Je suis au top: Allongé, l’air parfaitement détendu, leurs yeux se ferment. Les paupières lourdes, il entre et sort de sa rêverie. Là, c’est totale confiance, il est bien !

J’ai faim : Tout droit, la tête tendue vers le haut, les oreilles en avant, il oscille d’une patte à l’autre. Il ne s’apprête pas à danser le tchatchatcha: Son ventre sonne creux, sa gamelle est vide. SOS nourriture. 

Gare à toi ! : Oreilles rabattues sur les côtés, des battements de queue à n’en plus finir, Matoumat n’est pas content. Il prépare sa défense, si l’ennemi persiste, il lève une patte avant en guise d’avertissement.

Tu m’énerves : Ses poils se hérissent tout le long de son corps, elle évite notre regard et bâille. Misscat pas seulement enclin à une langueur passagère, nous la fatiguons et irritons très fortement ses nerfs.

J’vais te taper : Un nouveau venu dans la maison, c’est le moment de l’intimidation. Oreilles rabattues en arrière, poil hérissé, dos bombé, l’horripilation est proportionnelle à l’augmentation du volume de sa queue et de son corps. L’attaque est imminente.

 


Des attitudes sans équivoques :

 

Pour communiquer avec l’homme, les chats adoptent des postures particulières. Leur corps tout entier est alors mis à contribution pour faire passer le message. C’est la communication visible.

Pétrir : couché sur nos genoux, il utilise ses pattes avant pour nous procurer un massage du ventre. Cette attitude remonte à son enfance, lorsqu’il stimule la montée de lait chez sa maman. Cette marque d’affection emprunte au passé ne doit pas être repoussée, notre chat le prendra comme une grande injustice. Nous venez juste d’hériter de l’amour qu’il porte à sa mère.

Léchouiller : A ne pas confondre avec les toilettes quotidiennes méthodiques et d’une durée certaine. Quand il donne des coups de langue rapides sur ses flancs ou, passe la patte sur son museau déjà nettoyé, Matoumat est un peu perdu. Il ne sait pas quoi faire. Il gagne du temps, réfléchissant à la suite des opérations.

Se frotter : Pour dire bonjour, les chats frottent leur front, leurs joues, leurs flancs et leur queue contre nos jambes. Ils procèdent à un échange d’odeurs corporelles. Bon d’accord, nous ne sentons rien, mais eux si. Notre chat nous parfume de son odeur, grâce aux sécrétions produites par les glandes situées sur ses tempes, aux commissures de ses lèvres et la base de sa queue. C’est notre tour de nouer le contact et de ne plus résister à l’envie de le caresser. Le frottage est généralement suivi d’une séance de toilette minutieuse. Ce n’est pas qu’il n’aime pas notre dernier parfum mais qu’il récupère à son tour notre odeur, la dégustant avec sa langue.

Griffer : ce n’est pas parce que Misscat et Matoumat font leurs griffes sur notre fauteuil préféré qu’ils remettent en question notre goût en matière de décoration d’intérieur. Sous les coussinets de leurs pattes avant, des glandes libèrent leur odeur qui vient alors s’ajouter à la nôtre. C’est leur manière de nous signifier qu’eux aussi, aiment beaucoup le sofa en cuir. Pas étonnant qu’ils dédaignent l’arbre à chat. D’ailleurs, nous n’y allons jamais non plus… nous préférant le canapé. Pour rendre attractif cet arbre de substitution, l’un de nos vieux foulards ou quelques pschit d’un produit contenant des phéromones pour détourner ses marques d’attention envers nos meubles.

 

Langages des signes :

 

Pour comprendre, ouvrons les yeux. Savoir interpréter ses signes nous aide à ne pas commettre d’impair et à instaurer un véritable dialogue. Petit récapitulatif pour ne pas donner sa langue au chat.

Il se redresse et s’étire :bien reposé, notre chat est frais et dispos pour de nouvelles activités. Laissons-le vaquer à ses occupations. 

Pupilles dilatées, crachements et feulements : Vous vous doutez bien qu’il y a quelque chose qui cloche. Notre chat est énervé. Il redevient félin, ce n’est pas le moment de le chercher. Attention ! Qui s’y frotte s’y griffe !

Debout : Sur ses deux pattes postérieures, les pattes avant levées, jonglant avec une balle virtuelle, le chasseur qui sommeille en lui vient de se réveiller. Il nous invite à une partie de jeu. Et hop ! Lancé de jouet ! Ill n’attend que ça !

Assis tout ouïe : Posé sur son postérieur, une patte avant levée ou pas, son buste dressé se balance de droite et de gauche. Il nous regarde d’un air interrogatif, les oreilles dressées. Attitude fréquente au milieu d’une joujou-partie, notre chat manifeste sa profonde attention. Il nous montre son intérêt et nous signale qu’il est temps de lui passer le jouet. Soyons beaux joueurs et laissons-le attraper l’objet de tous ses désirs. 

Front à front : Fréquemment, nous échangeons une séance de frottage de front, tête contre tête avec Misscat. L’heure des câlins a sonné, les dispositions sont au beau fixe. 

En arrière : Il dresse sa tête tout en la ramenant en arrière, Matoumat en a ras-le-bol. Laissons-le tranquille.

Indifférence : Les yeux mi-clos, la tête de côté, les oreilles aplaties vers l’arrière, votre chat a besoin de son intimité, de son petit moment de solitude. Fichez-lui la paix, malgré toute l’affection qu’il vous porte, là, il n’a que faire de votre présence. 

 

Chat qui parle :

 

Il semble que Misscat nous appelle sa «Mmmmaaaaammmmâââân». Vous n’êtes pas totalement gaga. Depuis des milliers d’années de domestication, il est tout naturel que les chats tentent de reproduire le son de la voix humaine, histoire de causer. Au-delà des effets d’imitation, un vrai langage des sons existe pour communiquer avec ses paires mais aussi avec les hommes. Les chats possèdent plus de 20 modulations de voix, chacune destinée à transmettre une information différente. Attention à l’intonation. 

Le miaulement murmuré : Il s’agit du doux ronron ou murmure que Matoumat utilise pour dire bonjour. On l’appelle murmure parce qu’il ne comporte aucune vocalise. «Brrrp» ou «Brrrm» expriment le bien-être. Ils sont parfois plus présents selon les races.

Il y a miaou et  miiaaoouu : Variant selon le contexte. Lorsque le miaulement est bref, il traduit généralement une demande voire une exigence, une plainte ou une surprise. Reconnaissable d’instinct, Misscat réclame l’ouverture d’une porte, Matoumat appelle sa maman. En cas de besoin pressant, le miaulement reste bref, plaintif et s’accompagne d’allers et venues incessants.

Il roucoule : En la matière, les pigeons n’ont pas le monopole. Cette vocalisation sert à attirer l’attention ou à souhaiter la bienvenue.  Ce doux «Rrrouh, rrrouh» roucoulement n’existe pas chez les chatons, il faut attendre leur adolescence.

 

Jeux de bouches :

 

Vocalises et autres variations autour du museau nous en disent long sur l’humeur de notre félin d’intérieur. Selon la forme que prend sa bouche, les sons varient, le mode d’expression et ses significations également.

Caquetages : Non, Misscat ne se prend pas pour la poule du quartier. En tirant les coins de sa bouche vers l’arrière et en claquant des dents, elle informe une proie potentielle du pouvoir féroce de sa mâchoire. Cette manifestation furtive, fréquente chez nos amis chasseurs, informe la souris ou le canari de la fin sinistre que lui réservent les canines de ce digne descendant des félins sauvages.

Il crache : Comme chez certains humains fort mal éduqués, le crachement est la marque d’une extrême agressivité. Il existe dés les premières semaines. Le nez et les babines remontés, le corps penaud, tout l’être de votre chat n’est que colère. Celle-ci est la plupart du temps tournée vers à un intrus ou, à tout ce qui peut être assimilé à un danger.

Il gronde : Un peu de respect !  Le grondement intervient lorsque l’intégrité de Matoumat lui semble remise en question. C’est le cas lorsque le chien de la maison tente de lui manger ses croquettes ou de jouer avec SA souris en plastique. Non, mais !  Les plus timides essaient, par ce biais, de tenir leur adversaire à l’écart. 

 

Chat qui crie :

 

Généralement adressés aux autres chats, les cris sont émis de manière différente selon le sentiment qu’ils expriment. Là encore, comme chez les humains, les cris ne présagent jamais rien de bon. 

Grrr ! : Le grognement traduit l’irritation. Le mécontentement est à son comble.

Le Grrr qui tue : Il s’agit d’un grondement plutôt terrifiant, accompagné d’une sorte de sifflement et de crachements de défense. On dépasse largement le stade du mécontentement. Matoumat a la haine et se tient prêt au combat.  

Cris et hurlements : Ils expriment la frayeur ou la douleur. Chez les femelles ces gémissements stridents sont le lot des périodes de chaleur. Nous ne sommes alors pas les seuls à être au courant. 

 


Tout sur le ronron :

 

Ce son si particulier n’appartient qu’aux félins. Ils le reproduisent dés leur plus jeune âge en imitant leur maman. Elle l’utilise pour calmer ses petits chéris, tout en leur imposant un rythme pendant la tétée. Le comment de ce doux ronron reste aujourd’hui encore un mystère. Contraction turbulente de la veine cave supérieure remontant par la trachée située à l’arrière du larynx, vibration de deux fausses cordes vocales formées par les deux plis d’une membrane de la trachée, ou bien encore, acte volontaire du chat consistant à faire battre les fibres musculaires de son palais… Ce son si caractéristique n’exprime pas seulement le contentement. Les chats traumatisés ou stressés ronronnent tout de même, comme en témoignent les vétérinaires qui les soignent. Il apparaît que le contact avec un chat ronronnant aurait des vertus apaisantes chez les humains, tout particulièrement chez les personnes souffrant d’affections cardio-vasculaires. Sans prescrire un câlin de Misscat comme remède miracle, ceci est au moins une petite preuve de tout l’amour et l’intérêt que notre chat nous porte.  Matoumat n’est pas qu’un gros pépère qui ronronne sous nos caresses, c’est aussi un petit être tout plein d’attention et d’affection, mais cela nous n’en doutons pas.

Avec les autres chats : L’humeur pacifique et la satisfaction exprimées par le ronronnement n’en sont pas les seules significations. Si un chaton accourt vers un humain ou un chat adulte en ronronnant c’est une invitation au jeu. Deux chats qui se connaissent ronronnent quand ils se rencontrent. Pour calmer leur inquiétude, les chats ronronnent également, peut-être pour retrouver l’ambiance protectrice de leur maman ronronnant en les allaitant ou leur faisant la toilette.

 

En garde !

 

C’est pour traduire le rejet que le langage du corps est le plus sophistiqué. Voici comment différencier agressivité et défensive.

L’attaque : L’offensive va de paire avec un contact visuel direct. Notre chat contracte ses pupilles. Tête et moustaches en avant, il redresse et rabat ses oreilles pour montrer leur postérieur à son adversaire. Il se prépare à l’assaut.

L’appréhension : Elle se traduit généralement par la position accroupie. Chez les craintifs, elle est l’expression de leur manque d’assurance. Elle est commune à tous les chats qui se sentent menacés. La volonté de se défendre se manifeste par le roulement des flancs, toutes griffes et dents dehors. Plus l’inquiétude est grande, plus les pupilles se dilatent, plus le chat se recroqueville vers le sol, finissant par rabattre ses oreilles vers l’arrière. 

 

Le chat multilangues :

 

Outre Rhin, un chat qui se lave les oreilles annonce l’arrivée de visiteurs.

Outre manche, un chat qui dort ramassé sur ses pattes est le signe d’un hiver rigoureux. Outre Atlantique, rêver d’un chat blanc porte chance.

Chez les compatriotes du Loch Ness, un chat noir se réfugiant sous la véranda apporte prospérité à la maison.

Chez les Italiens, entendre un chat éternuer porte chance.

Les Cambodgiens accueillent volontiers une chatte tricolore dans leur foyer où elle garantit le bonheur.

Au Canada, on paie en chat et en rats, on a une mine de chat fâché et on va comme un chat maigre.

 

                                                        Virginie Legourd.                          08/02/2016



 

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