CLEAN CHALLENGE AU TOP DE LA MOBILISATION ECOLOGIQUE

En août dernier, l’association Espoir et Création de Garges-lès-Gonesse lance aux jeunes de son quartier un clean challenge, avec le slogan « Ma cité va briller ». Depuis, plus de 60 quartiers, 40 villes à travers le monde entier ont relevé le challenge. Sa présidente, Hind Ayadi, nous accorde une interview qui en dit long sur les lacunes en terme de  sensibilisation  à l’écologie en France.

Alors qu’à l’international, commence la deuxième édition de la semaine de la grève de la jeunesse pour le climat, lancée par Greta Thunberg. 5000 évènements prévus à travers le monde (dont 150 en France), 140 pays engagés, en pleine mobilisation des adolescents pour leur planète, la nouvelle génération prend les choses en mains ! Avec ses propres codes, ses préoccupations, elle montre l’exemple et balaie les vieux préjugés. 

 

Jeunesse mobilisée

Une grève scolaire internationale reconductible tous les vendredis… L’initiative de l’écolière  suédoise Greta Thunberg en 2018 se concrétise et ne cesse de prendre de l’ampleur. A 16 ans, le monde la découvre à travers sa grève scolaire pour le climat. Elle exige le respect des  Accords de Paris . 


Elle sèche les cours, et se rend tous les vendredis devant le parlement suédois  avec sa pancarte  « Grève étudiante pour le climat ». Le 14 décembre 2018, Greta prend la parole devant les 196 pays réunis pour la COP21 et sonne les cloches aux adultes et états soi-disant responsables.  Les jeunes Australiens sont les premiers à se mobiliser avant même ce discours. Puis c’est la déferlante, et les jeunes du monde entier se mobilisent. La France rejoint le mouvement en février 2019. Le 20 septembre ils étaient 4 millions de jeunes à travers le monde à manifester. 

 

Quand les jeunes se challengent

Après tout, comme disaient les NTM « Le monde de demain quoi qu’il advienne nous appartient »,**  et les jeunes l’ont bien compris. Il a suffit que l’association Espoir et Création*** de Garges-lès-Gonesse dans le Val d’Oise défie les jeunes du quartier pour que le mouvement prenne une ampleur mondiale. 


Hind Ayadi la fondatrice et présidente de l’association nous en dit plus. 

Interview Hind Ayadi Clean challenge Ma cité va briller, présidente et fondatrice de l’association Espoir et Création Garges-Les-Gonesses

 

Rebellissime : Comment vous est venue l’idée ou l’envie de ce challenge ? 

Hind Ayadi : "Ma cité va briller, existe depuis longtemps. Une fois par an dans le cadre de la semaine de la propreté, nous sommes amenés à mener des actions autour de l’écologie et de la propreté dans son quartier. Nous le faisons donc depuis des années avec partenaires associatifs,  de la Ville de Garges-lès-Gonesse et de l’immobilière Les 3 F. Mais ceux qui sont impliqués dans ces projets, le public touché sont les enfants et les parents, pas les ados. Nous voulions vraiment toucher le public des jeunes. On a donc regardé ce qui fonctionne bien avec eux. On a remarqué que les maraudes dans lesquels nous emmenons des jeunes à la Porte de Bagnolet tous les mardis pour distribuer des repas font l’objet avec succès de défis entre les différents jeunes des quartiers de la ville. Les jeunes sont en effet très réactifs et intéressés à toustce qui se passe sur les réseaux sociaux. C’est comme cela que nous avons eu l’idée du challenge, du défi Ma cité va briller ! Nous avions toujours voulu toucher les jeunes mais nous ne savions pas comment. Ça a fonctionné en utilisant les mêmes codes qu’eux. Ils se défient tout le temps, pour tout et n’importe quoi, parfois pour des jeux dangereux… En nous servant des mêmes codes, ils ont été plus sensibles à notre action, qui est devenue fun pour eux, pas ennuyante". 

Rebellissime : Après plus d’un mois quel bilan faites vous de ce challenge ?

Hind Ayadi : "Les jeunes ne jettent plus de manière intempestive les détritus. Certains mettent à disposition des sacs plastiques  en bas des immeubles, à l’entrée des parcs. J’en vois qui balaient, d’autres qui ramassent les déchets pour les mettre dans les poubelles. C’est vraiment bien ! Ils montrent l’exemple aux plus petits et permettent aux adultes de prendre conscience, pour certains qui ne le font pas, de l’importance de ces gestes au quotidien. 

Nous sommes aussi conscients de la charge de travail que cela représente et que nous n’allons pas régler en quelques challenges le problème des déchets. C’est un travail sur les mentalités qui s’inscrit dans la durée. D’où l’importance de pérenniser ce type d’action. Les nôtres ne s’arrêtent pas au clean challenge. Elles existent depuis 11 ans et nous espérons trouver d’autres idées pour continuer en ce sens"

Rebellissime : Vous attendiez-vous à ce que ce soit autant repris ? 

Hind Ayadi : "Non, absolument pas ! Pour tout dire, nous avons lancé l’idée à quelques jours de la fermeture de l’association pour les congés. On a pensé qu’on allait faire ça sur deux trois jours, pas plus. Et d’un coup nous avons été contactés de partout. En un mois (août), 62 quartiers, 40 villes  l’on fait. Cela a même été repris en Algérie, au Maroc… Nous avons été récemment contactés par l’Egypte, le Cameroun… Cela a complètement dépassé nos attentes, dans le bon sens, tant mieux ! "

 


Rebellissime : Est-ce un bon vecteur pour parler d’écologie ?

Hind Ayadi : "Oui, tout à fait. C’est aussi l’occasion d’aborder des thématiques comme le respect, le vivre ensemble. Un jeune me disait par exemple qu’au-delà d’améliorer son cadre de vie, il avait appris qu’une bouteille en verre a une durée de vie de 4000 ans. « C’est incroyable, je ne pourrai plus jamais jeter de bouteille en verre dans la rue ! » Cette action permet donc de conscientiser les jeunes sur ces sujets.  Un jeune reste un jeune, quel que soit le quartier dont il est issu. Il se préoccupe de ses fringues, de ses amis, de faire la fête… demander à un adolescent de ranger sa chambre c’est déjà compliqué ! Alors de ranger son quartier ! J’ai des adolescents à la maison et je sais combien c’est difficile de les sensibiliser à ces problématiques". 

Rebellissime : Et puis il n’y a pas que les jeunes qui ne sont pas très écolos, non ? 

Hind Ayadi : "Effectivement. Nous sommes face à un manque de sensibilisation des jeunes sur le sujet. A l'école le sujet est rarement abordé. Et autour d’eux, ils ne voient pas non plus des adultes qui montrent le bon exemple. Faute de sensibilisation aussi peut-être ! "

 Rebellissime : Qu’attendez-vous des pouvoirs publics, des services de voiries, des mairies ? 

Hind Ayadi : "Il faudrait sensibiliser d’avantage les habitants au respect de leur environnement. Dans le cadre de l’éducation nationale, il me semble important de proposer des activités, des moments de sensibilisation à l’écologie. On se rend compte que si les jeunes ne s’intéressent pas aux problématiques liées à l’écologie c’est tout simplement parce qu’ils ne sont pas au courant. Si un ado ne sait pas qu’une bouteille en plastique va mettre 1000 ans à disparaître, pourquoi s’en inquiéterait-il ? On manque aussi de moyens, de bacs à collecte par exemple. J’étais récemment en Espagne et j’en voyais partout, pour moi c’était hallucinant. Nous sommes vraiment en retard. Moi qui suis sensible à cette problématique, dans ma ville, je ne trouve pas où mettre les bouteilles en verre par exemple. Sensibilisation et équipements manquent cruellement pour que cela fonctionne. C’est important de sensibiliser dès le plus jeune âge et de comprendre que les jeunes ont un rôle très important pour l’avenir de notre société. 

Avant 

Après


Rebellissime : On entend souvent des habitants se plaindre des failles et du déficit d’action des bailleurs, qu’en pensez-vous ? 

Hind Ayadi : "C’est vrai qu’il y a beaucoup à faire. Mais avec Les 3F nous collaborons depuis des années et travaillons ensemble durant la semaine de la propreté. Mais nous sommes bien conscients que les agents de nettoyage ne peuvent pas tout faire. Lorsqu'on voit la masse de déchets intempestifs, on se dit que chaque habitant peut aussi faire quelque chose à son niveau. Ne serait-ce que prendre de bonnes habitudes. Quand la poubelle déborde, cela ne me coûte rien de ramasser les prospectus qui traînent par terre. Ça me fait du bien et cela fait aussi du bien à mes voisins qui vont aussi rentrer dans un immeuble propre. Ces petits gestes du quotidien, tout le monde peut le faire, quel que soit le quartier et la ville. La problématique des déchets existe partout, quartiers sensibles ou chics confondus ! "

Rebellissime : En quoi agir sur son environnement permet de s’approprier son quartier ? 

Hind Ayadi : "C’est très important parce que respecter son quartier c’est se respecter soi-même. C’est notre lieu de vie, là où l’on passe une bonne partie de notre temps et de notre vie. En en prenant soin, on prend soin de soi également". 


Rebellissime : C’est le même principe avec les graffiti ? 

Hind Ayadi : "Tout le monde n’est pas sensible à l’art de la même manière. Faire un graffiti, OK cool, c’est joli. Mais qu’est-ce que cela apporte concrètement au lieu, au quartier ? En tant qu’association artistique, avec plusieurs activités liées à l’art, nous avons mené plusieurs projets autour du street art, mais ce n’est vraiment pas suffisant. L’art permet de s’évader, mais après il y a la réalité, le quotidien. Passer devant un graffiti, ce n’est pas ce qui va me rendre mieux dans mon quartier ou plus sensible aux problématiques écologiques ! 

En revanche, il y a quatre ans, nous avions relooké des poubelles. L’une d’elle en Bob l’Eponge pour recueillir le pain que les habitants jetaient par la fenêtre pensant nourrir les pigeons. , Cela nourrissait et attirait plutôt les rats, et autres nuisibles ! Nous avions donc mis cette poubelle pour récolter le pain et le redonner à une ferme des environs. Nous avions également relooké une poubelle Jordan, panier de basket, pour donner envie aux jeunes de jeter leurs déchets dedans.  Ce type d’initiative fonctionne très bien"

Question Rebellissime : Qui est votre rebelle préféré et pourquoi  ?

Hind Ayadi :  "Rosa Parks. C’est une bonne rebelle, une belle référence pour la banlieue et les minorités. j’ai même détourné l’un de ses portraits avec une artiste au sein de l’association !"

Et le challenge continue, le 21 septembre, grand jour clean challenge classico battle Paris vs Marseille qui sera le grand vainqueur ?

 

Moins de déchets 

Emballages en tout genre jetés dans la nature, mobilier ou simples mégots de cigarettes sur les trottoirs, les déchets sauvages sont devenus parties prenantes de notre quotidien, quel que soit l’endroit où nous nous situons. Il s’agit d’un vrai fléau environnemental qui présente un impact négatif sur la biodiversité. Face à cette situation, plus en plus de personnes s’engagent pour le climat, la planète et contre les déchets. 

Même les grandes enseignes, souvent pointées du doigt pour rôle dans la surconsommation, la pollution, s’y mettent. Chez Kiabi par exemple, pour la seconde année consécutive la communauté des Kiabers (10 000 personnes de 60 nationalités) et des clients se mobilisent pour le World Cleanup Day du 21 septembre 2019 qui synchronisera 150 pays en réunissant 5% de la population de chacun d’eux pour un grand nettoyage de notre planète. Avec plus de 330 magasins en France (509 dans le monde), Kiabi invite collaborateurs et clients à venir nettoyer, le temps de quelques heures, une zone définie au préalable autour de ses magasins, le tout dans la bonne humeur. Cette mobilisation s’inscrit dans le cadre du programme RSE de la marque, dévoilé en juin dernier : Kiabi Human. Objectif : devenir une entreprise durable, chaque jour, respectueuse de l’Homme et de la planète. En France, plus de 200 magasins mobilisés pour amplifier le mouvement World CleanUp Day et éveiller les consciences. En 2018, les Kiabers avaient ramassé 5 tonnes de déchets. Comme partout dans le pays, la mobilisation s’accentue et ce sont 4 fois plus de Kiabers et de clients qui vont prendre part à l’événement et venir gonfler les rangs des 3,5 millions de personnes attendues le Jour J*. 


Dans notre département du Val de Marne, le prochain Projet Défi Zéro déchet aura lieu en octobre. La lauréate précédente de l’appel à projets en faveur du climat, le défi zéro déchet organisé par un collectif de 3 associations, a remporté un vif succès auprès de la population alfortvillaise. 15 foyers étaient sélectionnés pour participer au challenge. 

Vendredi 20 septembre 2019, date de la troisième grève mondiale pour le climat. Organisée par le collectif Youth For Climate, la mobilisation a une nouvelle fois pour objectif d'alerter la sociéé civile sur l'urgence d'agir face aux défis climatiques et environnementaux du 21ème siècle. 

Comme le montre l’infographie Statista, issue du sondage réalisé avec Norstat, la menace environnementale qui préoccupe le plus les Français est liée au réchauffement climatique et à ses effets, cités en première position chez près de la moitié des répondants. En seconde et troisième position, on retrouve majoritairement la pollution de l’eau et des sols ainsi que la dégradation de la biodiversité, dont l'extinction des espèces. 

Les Français semblent en revanche plus partagés quand il s’agit de désigner l’acteur qui leur semble le plus efficace pour résoudre les problèmes environnementaux. Ils sont 28 % à accorder leur confiance aux États et gouvernements nationaux et 27 % à penser que ce sont plutôt eux, les citoyens, les mieux placés pour faire face à ces enjeux. Enfin, un répondant sur cinq estime que ces problèmes seront le plus efficacement résolus à l’échelle internationale par des organisations comme l’Union européenne ou les Nations Unies. Les Français sont finalement assez peu nombreux à faire principalement confiance aux ONG (10 %) et aux acteurs privés (8 %).

Tristant Gaudiaut Junior Data Journalist/ Statista

Mobilisation générale

Dans les quartiers, mais aussi les lieux publics et les espaces naturels, il est grand temps d'agir. Gestes Propres poursuit sa mobilisation partout en France pour lutter contre la prolifération des déchets sauvages et marins. L'Association a notamment initié un dispositif de sensibilisation dédié aux espaces naturels qu'elle a co-construit avec Citeo et les acteurs majeurs de ces espaces que sont l'ONF, Voies navigables de France VNF, Parcs naturels régionaux, Rivages et France et France Nature Environnement. L'objectif est de rendre le geste de jeter au sol inconcevable dans ces espaces au regard de la nature en présence et d'inciter à remporter ses déchets puis à les trier. Depuis les débuts de l'expérimentation en 2017, plus de 500 panneaux ont été installés et de nombreux autres vont s'ajouter dans le courant de l'année.

Un rappel est également fait sur les risques encourus en cas d'abandon de déchets et renvoie aux articles R633-6 et R635-8 du code pénal : l'abandon d'ordures, déchets, matériaux ou autres objets est puni de l'amende prévue pour les contraventions de la 3e ou de la 5e classe, d'un montant pouvant aller jusqu'à 1 500 €. Ce dispositif est jugé utile par 97% des usagers de ces espaces, 99% estiment que le message diffusé est clair et 84% qu'il est capable d'inciter à ne pas jeter ses déchets au sol. Ils sont également 88% à estimer que ce type d'affichage devrait être systématiquement installé aux entrées des espaces naturels.

 

De la sensibilisation, on vous dit ! On dit aussi, merci les jeunes ! 

 

 

 

Hind Ayadi et Virginie Legourd

Le 19 septembre 2019


* Les RDV KIABI à ne pas manquer en région : 

Région Nord : KIABI Bailleul le 21/09 de 12h à 14h et au siège social le vendredi 20/09 

Région Ouest : KIABI Vannes organise le nettoyage de la Plage de Moustérian le dimanche 22/09 

Région Est : KIABI Noyon se mobilise avec l’ensemble des enseignes de la zone et la Mairie le 21/09 de 8h30 à 12h. 

Centre : Le magasin de KIABI Chartres propose un Clean Up des bordures de l'Eure avec la Jeune Chambre Economique de Chartres 

Sud : KIABI Perpignan prévoit le ramassage des déchets sur la zone commerciale et aux alentours (zone protégée du Serra d'En Vaquer), de 10h à 12h le 21/09 

Région Parisienne : RDV chez KIABI L’isle Adam le 21/09 de 11h à 12h 

** Suprême NTM, Le Monde de Demain

*** Espoir et Création existe depuis 2008 avec pour projet de fond green solid’art. Elle recycle et relooke de vieux meubles et de vieux objets.

pub