Covid-19 : Entre hausse des contaminations et saturation des hôpitaux,                      les nouvelles mesures s’imposent comme une évidence

Que ce soit tout au sud à Nice ou tout au nord à Dunkerque, les deux villes sont frappées de plein fouet par la Covid-19. De nouvelles mesures sont prises face à ses chiffres inquiétants et l’option d’un reconfinement total, ou ne serait-ce que partiel n’est plus si inenvisageable

 

Après le lourd bilan aux Etats-Unis qui se dresse maintenant à plus de 500.000 morts, la France souhaite éviter le pire. Les chiffres sont préoccupants partout sur le territoire, si bien que certaines régions ou départements optent pour des mesures encore plus restrictives. Nice et sa métropole sont en particulier touchés, l’étau se resserre sur les sudistes. C’est d’ailleurs la première fois qu’un confinement local, valable au moins pour les deux prochains week-ends, va être établi en métropole. Le préfet du département, Bernard Gonzalez, a aussi annoncé la fermeture des commerces de plus de 5 000 m² ainsi que la généralisation du port du masque.

Du nord au sud

Basée sur le modèle des règles appliquées lors du premier confinement en mars, les déplacements seront interdits sauf dérogation (courses, rendez-vous chez le médecin, promenades limitées à une heure dans un rayon de 5 km autour du domicile…) du vendredi soir à 18 heures au lundi matin à 6 heures. Les jours à venir seront décisifs pour l’avenir de la Côte d’Azur. La mise en place de ces mesures plus restrictives avait reçu le soutien du maire (LR) de Nice, Christian Estrosi.

Avec l’apparition du variant britannique, on observe un rajeunissement des contaminés ce qui change toute la stratégie jusqu’ici mise en place par le gouvernement. L’épidémiologiste et directrice de recherche à l’Inserm Vittoria Colizza explique : « Aujourd'hui, on a cet équilibre entre la souche historique qui recule grâce aux mesures qu'on a mises en place et les variants britanniques qui poussent par contre vers une augmentation ». Interrogée sur France Inter, elle rappelle que d'après Santé publique France le variant britannique représente au moins le tiers des cas dans près de la moitié des départements. « Cette augmentation est très rapide. Alors le moment où le variant va devenir dominant est un moment important », souligne-t-elle. 

Ce dernier a défendu sur Twitter la « nécessité de mettre en place un confinement, au minimum le week-end », et même celle de « passer à un confinement généralisé (…) si, d’ici mercredi dans les Alpes-Maritimes, le taux d’incidence progressait encore de plus de 10%».

Il n’y a pas que le sud qui prend des mesures, ce lundi soir, le maire de Dunkerque a demandé à s’entretenir en urgence avec Jean Castex pour « la situation sanitaire de notre territoire ». Les derniers chiffres sont alarmants car le taux d’incidence vient de franchir le cap des 900 cas pour 100 000 habitants, un record dont on se serait bien passé. Le variant britannique n’arrangeant rien la situation ce qui a poussé le maire de Dunkerque à réclamer des mesures exceptionnelles depuis plus d’une semaine. Après les Alpes-Maritimes, c’est bien le département du Nord qui semble prendre le chemin d’un reconfinement. 

Vittoria Colizza épidémiologiste et directrice de recherche à l’Inserm
Vittoria Colizza épidémiologiste et directrice de recherche à l’Inserm

 

L'inquiétude grandit à chaque cas confirmé du variant britannique. Il est rapide, beaucoup plus contagieux et bien qu’il semble sensible aux vaccins déjà développés et injectés, sa vitesse de propagation est telle qu'il pourrait engendrer une seconde pandémie, plus violente que celle que nous vivons actuellement. Le temps n’est pas au relâchement des efforts fournis jusqu’à présent. 

 

Eléna El Meliani

Le 23 février 2021