OLIVIER MEGATON x                           IT HAPPENED

Quand le street art rencontre le streetwear, on aboutit à une collection capsule de la marque It Happened. L'occasion pour Olivier Megaton de nous parler de cultures urbaines , de mode, de cinéma.. 

#C'estdelaBombeBB!

Rebellissime a découvert les deux t.shirt issus de cette collaboration capsule Olivier Megaton x It Happened  au très parisien, branché et incontournable Upper Concept Store. La nouvelle collection It Happened y est exposée ainsi que les fameux t.shirt Olivier Megaton. Les deux modèles y sont disponibles en édition limitée, c’est-à-dire signée par l’artiste, jusqu’au 4 octobre. Ensuite ils seront disponibles en ligne sur le site de la marque, mais plus signés. L’édition limitée est éditée en 500 exemplaires et nous vous souhaitons d’avoir le vôtre ! Un t.shirt signé par le réalisateur de Taken 2 Taken 3, le Transporteur, Colombiana, et reconnu comme un des plus grands du street art français, ça le fait ! Mais revenons justement sur l’artiste et le réalisateur à travers notre interview vidéo. L’occasion de donner également la parole à Thierry, le créateur d’It Happened. 

Toute une époque

Né 20 ans après Hiroshima (d'ailleurs l’un des premiers t.shirts créée par Thierry de It Happened), Olivier Megaton (Ω.T.O.N. sur ses oeuvres! ) dit lui -même de lui « j’ai toujours aimé dessiné ». Ce n’est peut-être pas ce qui était prévu par la famille, mais au regard de toutes ses réalisations on ne peut que s’en réjouir. Et en s’y replongeant on mesure l’impact de la culture Hip Hop dans à peu près tous les domaines de notre société. Aujourd’hui, les graffitis s’exposent dans les galeries d’art à prix d’or, on en retrouve même qui illustrent les papiers-peints (anonymes mais moins chers !)… Mais n’oublions pas qu’à ses débuts sur les murs des squats, des immeubles… Les graffitis étaient considérés comme une dégradations des lieux. A l’époque, graffiteurs et tagueurs refaisaient les façades de leurs villes, du métro, comme on refait le monde et quand les leurleurs (contrôleurs) ou la police se pointait et leur couraient après ce n’était pas pour leur demander un autographe mais bel et bien pour les arrêter et s’emparer de leurs bombes (de peinture). Mais « je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître… »*  A l’époque, les années 80,  les jeunes ne se reconnaissent plus dans les valeurs de la société. C’est la naissance du Punk, mouvement qui détourne les codes et remet tout en question tout en écoutant les Clash. Olivier Megaton nous raconte que c’est lors de l’un de leur concert qu’il découvre Futura 2000 peindre et que c’est ainsi qu’il chope le virus qui ne le quittera plus. Aujourd’hui encore, après avoir touché et bien touché le cinéma, il reste un graffiteur passionné. Sauf que lui, quand il dessine sur un mur, la police ne lui court pas après ! Aujourd’hui les cultures urbaines sont à la mode, elles la font même ! Olivier revient sur cette époque. « Comme je le dis toujours, je viens de banlieue, j’ai toujours traîné avec des gens qui n’avaient rien de branché, d’ailleurs à l’époque il n’y avait en  fait rien de banché pour nous ! J’ai découvert le punk avant de découvrir le hip hop. Le punk, le hip hop, tout cela faisait partie du milieu alternatif et c’était juste naturel que j’y sois ! Dans les années 90, c’est devenu un peu différent, c’est devenu un peu branchouille, il fallait en être c’était la mode ! Alors que nous, au début c’est ce qui nous attirait et parce que surtout, il n’y avait rien". Rien qui corresponde aux nouvelles générations, alors  il a bien fallut le créer et c'est qu'il a fait. Pour Olivier Megaton qui figure parmi les précurseurs du graffiti, cela s’est fait naturellement, sans calcul, par envie. 

Collaboration engagée 

Aujourd’hui, Olivier Megaton avoue ne pas attacher beaucoup d’importance à la mode, puisque ses activités artistiques ne s’y prêtent guère. Mais si ses habits finissent vite bariolés de  peinture, l’idée de collaborer avec la marque Streetwear It Happened ne lui déplaît pas. Elle est l’oeuvre de Jacqueline, la propriétaire de l’Upper Concept Store, qui a eu le bon ressenti. It Happened, Ω.T.O.N ont déjà exposé leur collection et oeuvres dans son concept store, mais pas ensemble !

Jacqueline a la bonne idée de suggérer aux deux hommes cette collaboration. Selon eux, « elle est folle ! » Evidemment dans le bon sens du terme. Et ça matche, comme nous l’explique en interview Thierry, le créateur de la marque qui se réjouit d’une collaboration qu’il qualifie de « la plus simple qu’il est jamais faite » Quant à Oliver Megaton "Cela a été très vite. Je rentrai à peine de post-prod pour repartir dans le Sud où je vis. Et comme là-bas, je n’ai pas de réseaux, je ne recevais que des bouts de mail. J’ai finalement réussi à lui envoyer des modèles pour les t.shirt…"  Et voilà ! Cela s’explique sans doute par le même état esprit qui anime le créateur d’It Happened et le graffiteur. L’art pour tous, la mode pour tous, des messages forts et engagés contre la guerre et le système, on adore ! Sur l’un des T.shirt le portrait de Lenon version Ω.T.O.N. avec  le message « War is over ». Sur l’autre un personnage Ω.T.O.N. avec le message « Our heads against your walls ». Tout est dit ! 

A 49 euros le T.shirt, on s’offre une oeuvre d’art et on affiche son engagement. Avec It Happened, comme Olivier Megaton ,cela coule de source. L’engagement fait en effet partie de l’ADN de  cette marque intergénérationnelle, événementielle et symbolique. IT HAPPENED questionne , rappelle, fait réfléchir, ironise... La marque rend hommage à des emblèmes , des icônes internationales.  Au-delà de simples messages présents sur des sweat et t-shirt, It Happened c’est un moyen de retracer l’histoire à travers la mode. Celui qui porte la pièce véhicule un message. On comprend mieux pourquoi cette vision de la mode coïncide à la philosophie de l’artiste dont les graffitis, les peintures posent un autre regard sur la société, son histoire. 

Et cet engagement, ce côté précurseur restent ultra présents dans le prochain film d’Olivier Megaton. The last days of American crime. L’adaptation du roman graphique de Rick Remender et Greg Tocchini est une production Netflix. Là encore le réalisateur est précurseur et n’hésite pas à casser les codes du cinéma français. « Dans 6 mois Si Netflix décide de faire une sortie salle, ils la feront.Aujourd’hui n’importe quel film est vu sur grand écran comme sur tout petit et de ce côté-là la France a un côté passéiste. Pas toujours très engageant, encourageant. Mais j’en ai tellement l’habitude que cela en devient marrant ! J’ai envie de leur dire « mais vous êtes morts ! Si vous ne réagissez pas là, le cinéma français est mort ! » 

Perso, on enfile le t.shirt et on se vautre dans le canapé pour mater le film. C’est qui les rebelles? 

 

Au fait ?!…

- Pourquoi, comment Ω.T.O.N ? Son pseudonyme fait écho à la tragédie d’Hiroshima qui a eu lieu 20 ans jour pour jour avant la naissance d’Olivier 

 

Olivier Megaton 

It Happened

Upper concept store

 

*Charles Aznavour, La Bohème

 

Olivier Megaton, Thierry pour It Happened et Virginie Legourd

Le 2 octobre 2019