Eva Queen: queen de la pop urbaine 2019

©Koria
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Déjà disque d’Or avec son album Queen, Eva qui vient de fêter ses 18 ans est présentée comme la nouvelle star de la pop urbaine. En seulement quelques mois, elle est l’idole de nos enfants et de nos ados, l’héroïne d’une mini série dédiée à herself sur myTF1.fr et ses titres sont featurés par Lartiste, Naza, KeBlack, Franglish, Steel Fresh … Eva s’est aussi prêtée à une interview Rebellissime.


Parce qu’on  se demande qui se cache derrière ce joli minois couronné, ses millions de vues et de followers, cet engouement auprès des jeunes, bref cette nouvelle générations qui cartonne sur les réseaux, feat et clip à tout va.  Son succès peut être qualifié d’express, de surprenant, dérangeant même pour certains haters, mais les chiffres sont là. Avec ses quatre premiers clips, elle totalise 135 millions de vues sur Youtube. Plus de 800 000 abonnés à ce jour. Mais d’où vient Eva Garnier, alias Eva, Eva Queen. De Cannes ! Et Son nom ? Queen ? Du surnom qu’elles se donnaient avec ses amies… d’où la couronne, symbolisée avec ses doigts, devenue signe de reconnaissance. 

Pas là par hasard ! 

Eva ne s’en cache pas, elle a été repérée sur les réseaux, pour son nombre de followers. A l’époque, c’est à dire il y a 9 mois… Eva avait 100 000 followers sur Instagram. Elle y racontait juste sa vie. Certes, le fait d’être  la petite soeur de Jazz qui cartonne dans l’univers de la télé-réalité ( Qui veut épouser mon fils, La Villa, les Anges, la Villa des coeurs brisés, la bataille des couples, la JLC Family ) aide évidemment. Eva en est bien consciente, sans cela elle aurait moins de visibilité, la jeune femme connaît, accepte et joue très bien avec ces règles du jeu.  ! Et si Eva joue du piano depuis qu’elle a 5 ans, que sa mère chante elle-même que sa grand-mère est directrice de label, que son père dirige une agence d’évènementiel…. Ce sont clairement ses nombres de vues qui ont amené ses producteurs à l’approcher et lui proposer de se lancer dans la pop urbaine. Ils ne savaient même pas qu’elle était passionnée par cette musique. On pourrait donc la comparer à un produit marketing, lui reprocher d’être le maillon d’une pure stratégie de vente. Mais il se trouve qu’Eva chante et aime cela. Il se trouve d’autre part qu’elle assume ses textes et que toute une génération d’ado s’y reconnaît. Il se trouve aussi que le public est au rendez-vous. De quoi faire envie et faire même pâlir de jalousie.

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Phénomène phénoménal

En seulement, et quelques mois, 4 titres/clips, dont Mood (50 millions de vues sur Youtube)  et On Fleek (83 millions de vue sur Youtube) en featuring avec Lartiste, quand même, la voilà déjà disque d’or  (50 000 ventes) ! On comprend que cette carrière naissante et fulgurante laisse moins de temps aux études. Eva, en terminale S, a passé son bac de français l’année dernière et prépare, en étudiant par correspondance, un bac STMG (Sciences et techniques du management et de la gestion). Elle se destine à une carrière d’ingénieure… A moins que le public ne la lâche plus et dans ce cas, elle se voit bien toujours chantant et clipant, dans 10 ans, avec maison, mari et enfants en plus ! Et pourquoi pas avec un footballeur ? De L’OGC Nice ? Pourquoi j’dis ça ? Parce qu’on a cru comprendre qu’Eva supporte cette équipe et ne cache pas être fan de foot. Plus sérieusement et actuellement, l’ambitieuse et studieuse Eva doit faire avec un emploi du temps bien chargé puisque la semaine se passe en studio et les week-end en concerts ! Ses concerts qu’elle donne par exemple dans les boîtes de nuit où quand elle apparaît, les jeunes reprennent en coeur ses morceaux et s’arrachent les selfies. Eva Queen mène donc sa jeune carrière de front et compile succès, vie de jeune adulte, d’artiste et de lycéenne ! Elle ne semble pas prête à laisser passer sa chance. 

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Et l’album… on en parle ?

Le titre Alibi (25 millions de vues sur Youtube) interpelle. Une fille qui planifie de tuer son petit ami menteur et infidèle, évidemment on ne le prend pas au 1er degrés ! La question peut effectivement se poser pour le jeune public qui écoute. Mais bon, comparé à cette pauvre souris verte… Bref ! J’aime bien cet album, il m'a appris plein de choses sur la jeune génération. féminine, féministe, les pieds sur terre, objective face aux réseaux. L’entraînant Côté feat Still Fresh résume bien la distinction entre real  et fake life. Avec Eva, le mythe du prince charmant prend cher, les jalouses et fausses se font dégager dans Bella ou encore Flex, ou Mood. Quant au côté jeune fille naïve et fleur bleue,  il fane complètement ! C’est ainsi que j’ai découvert ce que signifient les trois lettres PMD, pas mon délire, donc. Que dans la vie, il faut se méfier des beaux parleurs dans On Fleek ou  Kitoko (beau, joli en lingala /République Démocratique du Congo)(5,5 millions de vues sur Youtube) ( feat KeBlack et Naza). Que ce qui compte, c’est d’être avec une personne Fiable, n’est-ce pas Balenciaga ?  Je ne sais pas pourquoi cette marque, mais c’est vrai que cela sonne bien !  Et puis de temps en temps, on se la raconte et on frime avec des titres comme Paname, Promenade des Anglais, un peu d’ego trip pop et girly. Eva avoue ne pas avoir écrit tous les textes, mais cependant les paroles lui correspondent parfaitement. Certaines histoires sont vécues, d’autres la touchent et deviennent un véritable combat contre les violences conjugales dénoncées dans le titre Smile ou un message d’amour pour sa soeur avec Jazz. Tout cela reste léger, dans le sens où la Queen ne se la joue pas grande star et texte révolutionnaire. On reste dans la pop urbaine, « ça se chante et ça se danse, ça se retient et ça revient comme une chanson populaire » et ça ne va pas plus loin ! 3 mois de travail pour la jeune artiste et ses équipes, son producteur Ludovic Osseux salue son caractère travailleur et assidu. Eva a tenu a présenter ce 1er album dans sa ville de Cannes. 


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Interview Eva Queen/Rebellissime 

 

 Rebellissime : On vous présente comme LA future star de la pop urbaine, qu'en pensez-vous ?

 Eva Queen :"Je suis super contente ! C’est un rêve qui se réalise, un truc de fou. Je n’aurai jamais pensé arriver à ce niveau et que l’on puisse penser ou dire cela de moi". 

-Rebellissime  : Est-ce ce dont vous rêviez petite ? 

- Eva Queen : "Oui, oui, oui, c’était mon rêve de petite fille. Un rêve que je croyais impossible. La preuve que non !  Quand j’étais petite, je voyais les chanteurs de loin, pour moi c’était inaccessible"

Rebellissime : Cela ne vous empêche pas d’attacher beaucoup d’importance aux études. Pourquoi est-ce si important ? 

Eva Queen : "J’ai toujours été très scolaire. Après, et je dirai malheureusement, comme la chanson me demande beaucoup de travaille et de temps, c’est parfois difficile d’assurer études et carrière artistique en même temps. Mais quoi qu’il en soit, je vais tout faire pour avoir mon bac. Même si c’est compliqué". 

Rebellissime  : Pourquoi est-ce important les études ?

Eva Queen :  "Je voulais réussir, en mode toujours la meilleure ! Avoir les meilleures notes. Je visais les meilleures filières, les meilleures prépa. J’étais en filière S et voulais faire Maths Sup Maths Spé. Il fallait que ce soit le « bet » truc , ce qu’il y avait de plus difficile. M’attaquer au plus dur, relever les défis, c’est aussi un peu comme cela que je fonctionne dans la musique". 

Rebellissime : Comment êtes-vous arrivé dans la musique ? 

Eva Queen : "J’ai été contactée par un producteur qui me suivait sur les réseaux. Il m’a demandé si je voulais faire de la musique. J’ai directement dit oui parce que je chante depuis que je suis toute petite. Après un le premier rendez-vous, j’ai fait mon premier studio en enregistrant Mood. Et puis voilà !" 

Rebellissime : Quelles sont vos influences musicales ? 

Eva Queen : "Mes parents ! Quand j’étais petite, ma mère écoutai beaucoup de R&B, de hip hop. Mon père était plutôt jazz classique. J’écoutais donc tout ce la et aussi un peu de tout ce qui passe. Mais ma véritable préférence va au hip hop et au R&B avec ma maman ! Beyoncé, Rihanna, c’est toute l’époque de mon enfance ! Aujourd’hui , ma mère écoute mes sons, c’est ma première fan !" 

Rebellissime : Que représente pour vous la culture hip hop ? 

Eva Queen : "Je baigne dedans depuis petite. Ce qui me plaît dans cette culture c’est qu’elle est très vaste. Elle regroupe la musique, la danse, le street art, le graff, la mode… c’est très complet. Cette culture réunit plein de monde, plein de talents, et je trouve cela cool. Pour moi, c’est une musique populaire, que tout le monde écoute. Elle parle aussi de la vie de tous les jours, en vrai". 

Rebellissime : Quel regard portez-vous sur la place des filles dans les musiques urbaines ?

Eva Queen: "La place des filles est très importante. Parce que nous ne sommes pas beaucoup. C’est un milieu où ce n’est pas facile et où il faut se battre pour faire sa place. Mais c’est nécessaire parce que les filles ont autant leur mot à dire dans le hip hop que les garçons. On vit nous aussi des trucs de notre côté, nos expériences, nos ressentis… On a le droit d’en parler aussi !  Notre génération de filles s’affirme plus, prend la parole. En mode indépendantes ! Dans le hip hop, cela permet d’exprimer ce que toutes les filles ont envie de dire et de bien le faire entendre à tout le monde"

Rebellissisme : Et leur évolution ? 

Eva Queen  : "Je déteste l’image de la femme qui a pu être véhiculée, dénudée, rabaissée. Le stéréotype de la femme vulgaire, sois bête et tais-toi, je ne supporte pas. Aujourd’hui, on dépasse cela, la femme est plus indépendante. Elle a une place à part entière et gère son image. Dans mes chansons mes clips, je dis ce que je veux, je montre de moi ce que je veux . Je peux m’exprimer comme j’en ai envie". 

Rebellissime : Faites-vous attention aux messages que vous pouvez transmettre ? 

Eva Queen : "Oui, clairement. Ce que je dis, c’est un peu ce que les filles ont envie de dire et d’entendre. C’est important de dire toutes ces choses. Par exemple le mythe du prince charmant, on est bien consciente que s’il y en a, il n’y a pas que des princes charmants, loin de là ! Quand je le dis à ma manière, de nombreuses filles se reconnaissent dans mes propos. Je crois que dans la nouvelle génération dont je fais partie, il y a deux camps. Celui de celles qui acceptent et celui de celles qui n’acceptent pas. Et vous vous doutez de quel clan je fais partie !"

Rebellissime : Lartiste, KeBlack... que vous apportent ces collaborations ?

Eva Queen : "Elles m’apportent beaucoup d’expérience, de belles rencontres. Pour mon premier feat, c’était avec Lartiste, cela s’est fait sur 2-3 jours durant lesquels je n’ai pas beaucoup dormi. En mode intense. Et vu que c’était mon premier feat, c’était aussi la première fois que j’apprenais autant de choses en si peu de temps dans un studio! Dans la musique, comme dans beaucoup de domaines, plus on pratique, plus on apprend". 

Rebellissime : Que peut-on vous souhaiter ? 

Eva Queen : "Que cela continue comme cela et que cela aille de plus en plus vite même ! Que j’aille encore plus haut , sans oublier le bonheur et la santé !" 

Rebellissime : Notre magazine s'appelle Rebellissime, qui est votre rebelle préféré et pourquoi? 

Eva Queen : "Franchement ? Ma soeur ! Ma grande soeur parce qu’on lui a toujours dit qu’elle ne réussirait pas. Elle qui était la plus rejetée de son domaine, au final, elle réussit très bien et prouve à tout le monde qu’elle peut y arriver. "

 

Lilia, 10 ans, connaît paroles et chorégraphies par coeur !
Lilia, 10 ans, connaît paroles et chorégraphies par coeur !

L’idole des jeunes 

Quand on voit l’engouement généré par Eva auprès de très jeunes filles, à la hauteur des cris, des témoignages on se rend bien compte que ce n’est pas du fake. La pop urbaine a trouvé son icône!  Et cette icône-là ne se contente pas de prendre la pose. Ses textes tout en restant légers n’épargnent ni la gente masculine, ni les bimbo, ni les jaloux ! Les jeunes ados adorent. En plus, ils peuvent la suivre dans sa vie de tous les jours dans la mini série que lui consacre MyTF1 « Eva dans son mood ». Voilà que notre Eva devient un modèle pour ces jeunes filles. Et là, on dit ouf ! Parce que ce modèle reste très très habillée par rapport à ce qu’on a l’habitude de voir. Qu’elle s’exprime bien, avec des phrases complètes, de l’humour et toute la retenue d’une jeune fille que l’on sent consciente de ne pas vouloir dire de bêtises et de l’impacte que peuvent avoir ses prises de paroles. Quand vous parlez à Eva, vous sentez qu’elle réfléchit avant de répondre. Consciente que sa carrière, son succès peuvent s’arrêter aussi vit qu’ils ont commencé, Eva assure ses arrières avec des études solides. Du coup, pour les parents des jeunes fans, c’est rassurant ;) et on pense très fort à Lilia, 10 ans, qui n’a qu’une question pour Eva « Quand est-ce que que je pourrai enfin te voir ? » 

 

A savoir...

Pour ceux qui se demandent ce que signifie les paroles "Djazzi la prod ne t'appartient pas" que prononcent Eva au début de Kitoko et Bella... Il s'agit du nom complet de Djazzi Fizou : auteur, compositeur et interprète marseillais de la maison de disques Kantiz Records.


 

Eva Queen et Virginie Legourd

4 novembre 2019