FRANCE 2021: QUEL AVENIR POUR LA POLITIQUE ?

L’année 2021 sera charnière ou ne sera pas. Elle se place, bien malgré elle, entre une année 2020 sous le joug de la Covid-19, et une année 2022 où se formuleront les vœux des Français pour les élections présidentielles. Aspirations, ambitions et désir politique, ces douze mois seront ceux du futur politique de la France. Un futur politique déjà malmené par la campagne de vaccination contre la Covid-19.

L’année 2020 a pris fin, certes sans grandes festivités, mais l’espoir d’un retour à la normale était sans aucun doute dans l’esprit de tous. Avec un démarrage raté, la campagne de vaccination ne fait pas un franc succès dans l’hexagone comparé à ses voisins Allemands ou Britanniques. Depuis plus d’une semaine les injections de vaccin anti-Covid-19 ont débuté dans les 27 pays de l’Union européenne. La France a pris un retard considérable et se retrouve bonne dernière face aux autres pays. Les raisons de ce retard sont multiples :  la complexité de la logistique avec un vaccin qui se conserve à -80 °C, un protocole de vaccination en deux temps qui comporte une pré consultation, une politique précautionneuse qui cherche à rassurer les sceptiques... Néanmoins, le Gouvernement et l’administration de la santé sont pointés du doigt. Cet esprit de contestation est bien français : on est réticent à se faire vacciner mais on se plaint que les choses n’aillent pas assez vite. Un paradoxe ultime pour une polémique dont on se serait bien passé.

 

À moins de 500 jours de l’élection présidentielle en France, Macron, lors de son discours, demandait aux Français de regarder devant eux et non derrière. Aller de l’avant oui, mais devant nous il n’y a que des questions qui restent souvent sans réponse. Combien de temps allons-nous vivre avec ces inquiétants chiffres de contamination ? Combien de régions vont voir leur couvre-feu avancé à 18h en se demandant si c'est bien utile ? Peut-on espérer vivre la suite ET la fin de cette pandémie ? Quelle ampleur et quelle répercussions aura la crise économique ? Et peut-on espérer un rebond ? Quels débats sont à prévoir autour des textes de loi (séparatisme, article 24, Climat) ? En bref, quel sera l’état d’esprit des Français lors de l’élection présidentielle qui arrive à grands pas.

L’optimisme reste de mise, mais avec qui continuerons-nous de bâtir la France de 2030 ? Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan ont d’ores et déjà annoncé être candidat, mais qu’en est-il d’Emmanuel Macron ? Ce dernier a choisi de mettre en avant un slogan « Nous, Français », qui semble être pour lui un « principe d’action pour aujourd’hui et pour demain. » Il laisse ainsi planer le doute sur sa reconduction à l’Elysée. Les discussions continuent aussi bien chez les écologistes que chez les socialistes. Quant aux Républicains, le refus de François Baroin donnerait peut- être à Rachida Dati l’occasion de devenir la nouvelle figure du parti.

 

Mais alors le vaccin, ce grand sujet de discorde en cette nouvelle année, fait émerger à la fois des problèmes de stratégie en amont et des problèmes de logistique. D’après Aurélie Filippetti (aux micros de France Culture le 3/01/21) il est un peu simple pour le président de la République d’exprimer sa colère face à la non-application de décisions dont il est responsable. « On ne peut pas à la fois vouloir être responsable de tout et ensuite quand ça marche pas dire que c’est la faute des autres » explique-t-elle. La députée ajoute qu’il existe un réel problème dans l’administration de la santé, et ce, depuis plus d’une dizaine d’années. Sous Jacques Chirac et avec Bernard Kouchner en temps que ministre de la Santé, la France était le premier pays en matière de santé, on savait soigner, mais aussi organiser le système de soin. Depuis que le pouvoir se partage entre autres entre le Gouvernement, les agences compétentes et les préfectures, l’Etat, en matière de santé, se retrouve gravement affaibli. Pour faire clair, les nombreuses ramifications de ce système font qu'il ne fonctionne plus aussi bien que l’ancien.

Le vaccin a donc plus que jamais une dimension politique et scientifique. Tout le monde s’empare du sujet et parfois, pas toujours à bon escient.

Cela, ajouté à la méfiance jette un trouble sur la politique de communication en matière de vaccin.
Cela, ajouté à la méfiance jette un trouble sur la politique de communication en matière de vaccin.

La biochimiste Frédérique Vidal par exemple twittait des mots qui ont été plus ou moins mal interprétés. Elle y sous- entend que la France attend un virus français alors que le gouvernement ne nous en a jamais parlé. 


Cela, ajouté à la méfiance jette un trouble sur la politique de communication en matière de vaccin.

 

La société pourrait voir se former la coagulation d’une crise sanitaire, sociale, économique, environnementale et terroriste. Il ne faut pas oublier que nous passons d’un état d’urgence sécuritaire suite aux attentats, à un état d’urgence sanitaire dorénavant. La campagne de vaccination ne peut pas tarder, ni échouer. Cette année, il sera donc question d’aborder les grandes thématiques de 2022. Les conséquences de la crise sanitaire se font déjà ressentir. La CGT a annoncé de nouveaux mouvements contestataires courant janvier. Cap sur 2022 avec cette intensification liée aux stratégies politiques et aux confrontations sociales. Les points de convergence et compromis seront sûrement difficiles atteindre, à l’image de cette campagne de vaccination.

 

Eléna El Meliani

Le 5 janvier 2021