STEEVY Gustave : Lettre d'un élu de la République au Président de la Discorde nationale !

Steevy Gustave élu Divers Gauche, Brétigny-sur-Orge

 

Lettre d'un élu de la République au Président de la Discorde nationale !

 

Monsieur le Président, je ne veux ni votre démission ni celle de votre gouvernement. Changez votre logiciel pour une politique fiscale plus juste !

 

La France vous parle, regardez-la en face et écoutez-la. N’entendez-vous pas ses cris, sa colère et son désespoir ?

Elle ne veut pas la révolution, elle veut une évolution !

 

Monsieur le président, je ne vais pas énumérer toutes vos petites phrases qui ont choqué, blessé les Français et qui ont aussi contribué à ce chaos, telles que "Je traverse la rue, je vous trouve du travail" ou bien "Vous n'allez pas me faire peur avec votre T-shirt : la meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler".

 

Personnellement, celle qui m’a le plus indigné, c’est cette réprimande à un jeune garçon, auquel vous avez vertement rétorqué "Tu ne m'appelles pas Manu, c'est monsieur le président pour toi ou monsieur"... "Tu fais les choses dans le bon ordre. Si un jour tu veux faire la RÉVOLUTION , tu apprends d'abord à avoir un diplôme et à te NOURRIR toi-même".

 

Cette manière avec laquelle vous avez répondu à ce gamin qui s'est immédiatement excusé devant les caméras de la France entière est en effet pour moi la plus illustrative de la relation que vous avez instauré avec notre beau pays depuis 18 mois : mépris, dédain, arrogance...

 

La France qui se révolte aujourd'hui, c'est ce jeune collégien maladroit et humilié par ce pour quoi vous êtes apparu ce jour-là : un ancien élève de l'ENA, l’École Nationale de l’Arrogance, incapable de lui tendre la main, de l'écouter et de le protéger, mais prompt à le mépriser et à l’humilier.

 

Cette France qui se lève tôt ou qui a travaillé dur toute sa vie, qui a traversé des rues, des routes, des campagnes et des villages pour trouver du boulot, ces "Gaulois réfractaires au changement pour lesquels on dépense un pognon de dingue".

 

Cette France soumise à un système fiscal dont vous avez renforcé l’injustice en supprimant l’ISF et qui se retrouve sur les autoroutes de France ou dans une gare.

Vous savez ce lieu où l'on croise les gens qui réussissent et "ceux qui ne sont rien".

 

Et bien cette France qui n'est rien a du mal à subvenir à ses besoins et se sent délaissée par votre politique où il s’agirait de laisser les riches s’enrichir pour, disiez-vous, que les moins riches bénéficient d’un mystérieux « ruissellement » de richesses.

 

Ce même pays, vous a élu président à 39 ans sans réelle expérience politique. Il vous a donné une chance inouïe de réconcilier les Français, délaissant pour cela l'ancien monde et les vieux partis.

 

Beaucoup ont cru qu’un jeune président dynamique comme vous aurait de nouvelles idées et pourrait peut-être comprendre les maux de la société contemporaine et qu'après un 2ème tour face au FN, vous pourriez être un barrage aux extrémismes et aux populismes. Quelle déception! Vous n'êtes qu'un néolibéral de plus qui exacerbe les inégalités et les rancœurs et ainsi, déroule le tapis rouge aux extrêmes de tout bord

 

Monsieur, je pense qu'il est temps pour vous de parler à la France qui souffre et qui se sent abandonnée depuis trop longtemps : nos retraités, nos jeunes, les travailleurs pauvres, le monde rural, les infirmier(e)s, les mineurs isolés, les étudiants, nos enseignants, nos artisans, nos banlieues...

 

Monsieur, regardez cette France,

Elle ne veut pas l'aumône, elle veut juste que vous changiez votre politique, une politique plus juste et protectrice envers les plus faibles.

 

Alors qu’une partie de votre propre camp vous presse de rétablir l’ISF, vous refusez !

 

Croyez vous vraiment que vos amis du CAC 40 que vous avez tant aidé depuis deux ans pourront vous sortir de ce bourbier que vous avec créé !? 

Ces mêmes amis qui mangent à votre table et qui ont les poches pleines ne devraient-ils pas aussi payer l'addition ?

 

Pourquoi ce refus ? Par peur « de ne plus pouvoir réformer » ? Mais réformer pour qui ? Pour quoi ? Peut-être serait-il temps que vous réagissiez et que vous preniez la mesure qu’on ne dirige pas un pays contre lui-même.

 

À force de ne pas le comprendre, vous ne semblez pas prendre les décisions qui s’imposent alors qu’il y a urgence et que la maison brûle.

 

Plus de mille blessés, des voitures brûlées, des magasins pillés, nos monuments saccagés, nos symboles piétinés, notre police fatiguée à bout envoyée au casse-pipe, oui une police qui n'en peut plus au bord d'une catastrophe annoncée.

 

Des centaines de blessés et déjà des morts, nos étudiants dans la rue, des lycéens à genoux devant la France entière, des commerçants asphyxiés et des employés qui n'auront sûrement pas de treizième mois, des casseurs de plus en plus déterminés, des extrémistes en embuscade, revenant à la vie comme des zombies.

 

Cette France n'acceptera pas de poudre de perlimpinpin ni je l’espère de récupération politique. Cette France vous dit: respectez-nous, écoutez-nous et donnez-nous la chance de vivre mieux.

 

Monsieur le Président de la République, ne soyez plus seulement le Président des premiers de cordée.

 

Dans cette période si grave que traverse notre beau pays, ne laissez pas les haineux, piétinez et défigurez notre beau pays et nos institutions.

 

Parlez-nous de fraternité, d'avenir, d'égalité et d'écologie, de cette écologie qui devrait nous rassembler, et pas nous déchirer.

 

La France est une et indivisible, et c'est pour cela que j'en appelle au calme face aux pires dérives dont notre République serait la première victime.

Votre parole et vos actes pourraient seuls stopper cette violence annoncée.

 

Soyez bienveillant, juste et humble face à cette injustice sociale. 

L'humilité sera toujours plus forte que le mépris.

C'est avec cette humilité et ce respect que notre pays sera enfin prêt au dialogue et qui sait retroussera à vos côtés ses manches afin de bâtir avec vous cette France que nous rêvons tous.

Vous n'avez qu'une seule option pour sortir de cette crise sans précédent: devenez le Président de tous les Français qui composent notre belle Nation .

 

Monsieur le Président parlez nous !!!                     

 

 

Steevy Gustave

 

                                                                                                                                          Rebellissime le 10/12/2018