Noël 2020 peut-il être joyeux et écolo ?

Est-il possible d’envisager un Noël festif et joyeux, mais néanmoins écolo ? En cette fin d’année 2020, après plus d’un an de crise sanitaire liée à la COVID-19, nul doute que les besoins de chaleur humaine, de joie et de partage sont encore plus grands qu’ils ne le sont habituellement en cette période. Pourront-il être comblés tout en respectant notre santé et en préservant la planète ? 

 

Si le gouvernement nous impose quelques restrictions, notamment pour ce qui est du nombre de convives que nous pourrons recevoir pour les fêtes, il ne faut pas pour autant sombrer dans la sinistrose et se laisser aller à la tristesse et à la grisaille. Au cours de cet article, nous allons mettre un point d’honneur à vous donner des pistes pour continuer de faire de Noël la période magique qu’elle a toujours été, mais nous allons surtout tenter de le faire en vous dirigeant vers des solutions, des idées et / ou des trouvailles sans impact écologique. Il est tout à fait possible de ne rien perdre en amour et en convivialité, tout en réduisant très fortement son empreinte carbone, et c’est ce que nous allons voir plus avant, au fil de notre article… Une très bonne lecture à vous !

 

Ce n’est pas seulement la faute à Tino Rossi et son fameux « Mon beau sapin » que la plupart des gens se sentent l’obligation de ficher un conifère (généralement un sapin) dans leur salon, mais ce qui ne se dément pas, par contre, c’est le fait que le commerce de l’arbre de Noël, en les proportions que nous connaissons, est une aberration écologique. Tout d’abord, la monoculture est un mode de production qui n’a évidemment que très peu de vertus…vertes justement ! Mais surtout, les sapins qui sont vendus sont en grande majorité coupés (entre 85 et 90 %), ce qui signifie qu’ils ne piégeront pas de CO2 et pire, ils en produiront lorsqu’ils seront incinérés ! Vérifiez également la provenance de votre sapin, le « Made in pays autre que la France » est forcément moins vert, dans la mesure où son acheminement aura déjà fortement impacté son bilan carbone. S’agissant du sapin artificiel, bien que vous puissiez le conserver des années durant, ils sont faits à base de produits industriels et peuvent donc d’emblée être considérés comme des déchets. Du reste les études sont très claires à ce sujet, le bilan carbone d’un sapin artificiel est effectivement bien pire par rapport au sapin naturel, même tranché.

 

Nos solutions :

Que diriez-vous de confectionner votre propre tot’aime de Noël ?! Amusez-vous à regarder sur internet, vous allez trouver de bien jolies manières de styliser votre sapin…qui n’en sera de fait pas un !  Qu’entendons-nous par-là ? Qu’il n’est pas nécessaire de couper un arbre ou de faire trôner un déchet en puissance dans votre salon (sapin artificiel) pour intégrer l’esprit de Noël à votre logis. Nul ne vous empêche d’utiliser des petites branches de conifère ou d’essences diverses, mais des idées originales telles que les cintres, le carton, les palettes, les pots, les cadres, les coussins, les livres, et j’en passe, donnent des résultats absolument magnifiques. Nous vous enjoignons donc à vous pencher sur ces jolies manières de faire vivre l’esprit de Noël tout en respectant l’environnement !

 

Une fois que nous avons parlé du sapin, de l’autel donc, comment ne pas s’attaquer aux offrandes en elles-mêmes…à savoir les cadeaux et leurs fameux emballage ?! Encore une fois la tradition est ce qu’elle est et le propos du présent article n’est pas de remettre en question l’essence de Noël, mais plutôt sa forme, sa traduction ! Nous allons donc nous pencher dans un premier temps sur l’enveloppe, le contenant des dits présents, le papier-cadeau, avant de prendre le temps de traiter le contenu à proprement parler de la hotte du père noël, c’est-à-dire le cadeau en lui-même.

S’il fait partie intégrante de la fête et du folklore, il faut bien se rendre compte du volume que les emballages représentent. On estime à 20 000 tonnes la quantité de déchets de ce type lors des périodes de Noël (+ 20% par rapport aux autres mois), pour environ 380 000 arbres coupés, et lorsque l’on sait que des solutions sont à la portée de tout un chacun, on se dit que redonner à Noël une teinte plus vert’-ueuse est finalement plus affaire de volonté individuelle qu’autre chose. Les solutions existent pourtant afin de réduire voire de supprimer ce gaspillage à grande échelle, sans pour autant que vous ayez à sacrifier le visuel du fameux cadeau emmailloté dans son sacro-saint emballage aussi syn-thétique que scin-tillant !

 

Nos solutions :

Évidemment il faut évoquer le papier recyclé, mais cette solution est intermédiaire et il est possible d’atteindre le zéro déchet en utilisant pourquoi pas du tissus ou encore des contenants de verres, ce qui est d’une originalité folle et d’une esthétique qui ne se dément pas ! Vous avez sans doute une friperie, des chutes de tissus ou des vieux vêtements par chez vous, et possédez également des bocaux, alors…pensez-y ! L’art du furoshiki (emballage dans du tissu) nous vient du  Japon, comme son nom l’indique et avec une jolie technique de nouage ou une belle petite épingle à nourrice, sachez que le rendu est absolument divin !

De nombreuses personnes partent aussi du principe qu’un emballage peut être réutilisé, et c’est une très bonne façon de limiter les déchets voire de les supprimer complètement d’une année sur l’autre, ne perdez  pas l’occasion de le faire, cela ne coûte strictement rien, au contraire.

 

Passons maintenant au contenu, c’est-à-dire le cadeau en lui-même, si vous le voulez bien. Alors que le XXème siècle a plutôt été caractérisé par la notion du « Posséder à tout prix, et du « Rigoureusement inutile, donc totalement indispensable… », il semblerait que la tendance soit désormais renversée. Un cadeau écolo doit être un cadeau utile, ou tout du moins avoir du sens, ce qui ne veut pas dire qu’il faille acheter n’importe quelle babiole au seul prétexte qu’elle aurait été fabriquée par des orphelins sans-abris, qui repeuplent la forêt à l’autre bout du monde. Soutenir une cause juste, humanitaire ou caritative est un positionnement fort et doit faire sens tant auprès de la personne qui offre, qu’en regard à la personne à qui l’on offre !

Commencez donc par envisager les cadeaux durables, les fabrications artisanales et les matières naturelles, lorsqu’il s’agit d’un objet, ou bien pensez à un cadeau dématérialisé, de type séjour éco-touristique, ou de découverte de la campagne par exemple. 

Ne sous-estimez pas le plaisir des sens, et notamment celui du goût, considérez qu’un joli panier garni de produits locaux de bonne facture, que ce soit de la bière, de la confiture, du vin ou que sais-je encore, est souvent bien plus apprécié qu’un bijou fantasy ou qu’une figurine en plastique fabriquée à l’autre bout du monde, et tirée à des millions d’exemplaires ! En outre, tâchez de vous tenir à des produits labellisés éco-responsables et si possibles locaux, les petits producteurs du coin doivent être privilégiés par rapport aux entreprises de l’autre bout du monde et l’esprit de Noël n’en sera que renforcé !

 

 

N’oubliez pas non plus que ce n’est pas parce que vous offrez un objet qui n’est pas flambant neuf, que, pour autant, vous aimez ou considérez moins la personne auquel il se destine (plus de 50% des français estiment que ce n’est pas du tout important). Un vêtement bien taillé et de bonne facture, un jeu ou un jouet en bon état, un livre bien conservé… nombreux sont les articles qui peuvent posséder plusieurs vies, et qui apporteront autant de joie voire plus lors d’un second, ou même d’un troisième Noël. 

Enfin et pour finir, ne considérez pas qu’un cadeau fait-maison est nécessairement moins appréciable ou de standing inférieur à un produit industriel, car c’est souvent le contraire. Une huile de massage concoctée avec soin, une belle création décorative, une corbeille ou un cabas joliment tressés, une écharpe ou un bonnet bien tricotés, un coussin, une tasse personnalisée et que sais-je encore, Internet regorge d’idées parfois très originales et qui sont tout à fait dans l’esprit de Noël.

 

Au final, comme nous l’avons vu, il ne tient qu’à vous de transformer Noël et d’en faire une fête conviviale et écologique, plutôt qu’une boulimie de biens industriels. Comprenez bien que ce présent article a pour but de soutenir l’idée que les fêtes de Noël peuvent demeurer tout aussi familiales, conviviales et joyeuses, tout en présentant un bilan carbone incomparablement plus décent. Et ce n’est pas anodin, en regard à l’élan écologique mondial, dont on ne peut plus dissimuler l’aspect essentiel, ne serait-ce que dans la perspective de ce que sera le monde pour nos enfants, et leurs enfants par la suite !

 

Romain Pillard

Le 9 décembre 2020