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Sous le choc : Intolérables violences policières et racisme contre Michel Zecler

Les images, les vidéos, les témoignages, sont accablants. Samedi 21 novembre, le producteur Michel Zecler se fait tabasser et insulter dans son studio d'enregistrement du 17è arrondissement de Paris. Les policiers sont suspendus. Gérald Darmanin, ministre de l'intérieur réclame leur révocation, le président Emmanuel Macron est choqué par la vidéo... En attendant Michel, 41 ans, doit se reconstruire, continuer à croire en la justice et la police qui comme il le rappelle lors de son interview à nos confrères de Loopsider "ceux qui doivent me défendre me braquent". 

 

Toute la France est choquée. Le monde entier est choqué et observe le pays des droits de l'homme, mais aussi celui des Lumières... En flagrant délit de violence et de racisme policiers et en pleine crise liberticide avec la loi de Sécurité globale. Peu après nous avoir tant abreuvé de discours sur la liberté d'expression, jusqu'à l'écœurement et se mettre à dos les musulmans du monde entier. Le même gouvernement entend restreindre la liberté de la presse quant à la diffusion d'images, de vidéos de policiers. On ne peut plus se mentir,  ni nous mentir, ni mentir tout court comme l'ont manifestement fait ces 4 "brebis galeuses", dont la garde à vue prononcée vendredi 27 novembre s'est prolongée au-delà de 24h. Après deux jours de garde à vue dans les locaux de l’inspection générale de la police nationale (IGPN, la « police des polices »), les quatre policiers accusés du passage à tabac de Michel Zecler ont été transférés au tribunal judiciaire de Paris, dimanche 29 novembre, en vue de leur déferrement, selon l’Agence France-Presse (AFP). il s'agit de trois policiers que l'on voit sur la vidéo filmant l'intérieur du studio et d'un quatrième qui a agit une fois, Michel Zecler dehors. Une enquête est ouverte contre ces hommes depuis mardi 24 novembre pour  « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique », avec la circonstance aggravante de racisme, et « faux en écriture publique ». Le procureur de Paris, Rémy Heitz, doit tenir une conférence de presse à 17 heures, dimanche 29 novembre pour annoncer l’orientation des poursuites retenues contre les quatre hommes.

 

Les images sont édifiantes. Samedi 19 novembre, Michel Zecler, producteur, co-directeur de la société Black Gold Corp Studios  est violemment agressé par trois policiers alors qu’il entrait dans son studio dans le 17ème arrondissement de Paris. Son calvaire a duré plusieurs minutes. De longues minutes de coups et d'insultes racistes ("Sale nègre"). Si la scène n'avait pas été filmée, par les caméras présentes dans le studio d'enregistrement de Michel... qui peut dire où et dans quel état serait cet homme ? En prison ? Mort étouffé ? On peut se poser la question et s'en inquiéter. Les policiers mis en cause ont justifié leur agression en prétendant notamment que Michel les avait entrainés de force dans le studio (de force tout seul , contre 3 ! NDLR) qu'il avait essayé de voler leur matraque télescopique, ce que les images démentent. Alors, en pleine mobilisation contre l'article 24 de la loi Sécurité Globale, on ne se pose plus la question de l'utilité et de la nécessité de ces caméras ! - dont l'effet et sans doute le but sont de restreindre l'accès à de telles images - est d'autant plus urgente et essentielle. Non seulement les images de la caméra placée dans le studio ont parlé, mais d'autres vidéos accablent les policiers. Celles filmées par les téléphones présents dans les locaux du studio d'enregistrement, au sous-sol. Les jeunes artistes qui enregistraient ont entendu les cris de leur producteur. Quand ils ont voulu lui porter secours, les policiers ont maintenu la porte fermée et auraient proféré des menaces à leur encontre. Ce qui dans leur procès-verbal d'interpellation, et leur dépôt de plainte (classé sans suite) va se transformer en demande de renfort de la part de Michel Zecler, alors que celui-ci se faisant tabassé, appelait à l'aide ! Et puis les vidéos prises par les voisins qui montrent le déferlement de violence de la part d'un des quartes policiers aujourd'hui encore en garde à vue. En effet, Michel Zecler est sorti du studio où la police à jeté une bombe lacrymogène. Une fois sur la chaussée il a été maintenu au sol par six policiers et frappé par un septième qui s'est même plaint de s'être fait mal en le frappant. Puis tout rentre dans l'ordre quand on entend les mots "caméra, caméra" ! A vomir...

 

 

Ce déchaînement avéré de violences de la part d'agents de police n'a pas immédiatement conduit la Préfecture de police de Paris à suspendre ces trois agresseurs. Et on peut alors s'étonner. Tout comme le fait S.O.S Racisme dans son communiqué de presse du 26 novembre. En vertu de quelle logique ces policiers ont-ils été maintenus en poste alors qu’ils constituaient un danger manifeste, à tout le moins pour les personnes qu’ils identifieraient comme des « nègres »? La Préfecture estimerait-elle que taper "un sale nègre" n'est pas suffisant pour être suspendu? Faut-il donc que le scandale devienne public pour que la Préfecture estime devoir réagir ? Combien d’affaires de ce type, qui n’ont pas trouvé le chemin de la médiatisation, ont pu être minimisées ou étouffées par la Préfecture de Police de Paris ou des hiérarchies policières ailleurs en France ? SOS Racisme demande d’ailleurs que la procédure du Parquet puisse se pencher sur les fautes qui auraient pu être commises par la Préfecture du fait de la lenteur avec laquelle elle a prononcé des suspensions et éventuellement sciemment laissé des personnels violents au contact du public. SOS Racisme réaffirme tout son soutien à Michel Zecler, victime du racisme qu'elle et se portera partie civile à l’occasion de la procédure qui vient d’être ouverte par le Parquet de Paris.

 

 

 

Pour Dominique SOPO, président de SOS Racisme, « cette affaire montre l'ampleur des problèmes de racisme et de violences au sein de la police et leurs inévitables alliés : le silence complice et le déni de trop de syndicats policiers, de la hiérarchie policière, du ministère de l’Intérieur et plus généralement des pouvoirs publics. Il est vraiment urgent que des gouvernants dignes de leur fonction prennent ces problèmes à bras-le-corps. Il ne sert à rien d'avoir le mot "République" aux lèvres toutes les 4 secondes pour devenir silencieux lorsqu'elle est bafouée. »


 

Virginie Legourd

Le 26 novembre 2020

Mise à jour le 29novembre 2020

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