Europe, Afrique, Asie : 3 recettes de crêpe, bánh xèo, msemen


Crêpes du monde : quand Mardi Gras, Nouvel An lunaire et début du Ramadan célèbrent ensemble le renouveau. Rebellissime nourrit le corps et l’esprit avec 3 recettes de crêpes, bánh xèo du Vietnam, msemen du Maroc.
Mardi Gras, le Nouvel An lunaire, et le début du Ramadan. Trois cultures, trois spiritualités, trois histoires… Et pourtant, un point commun délicieux : la crêpe. Fine, ronde ou carrée, dorée, symbole de soleil, de renouveau, de prospérité, de partage. Une forme simple, universelle, qui traverse les continents et les siècles. Rebellissime te propose un voyage culinaire et culturel : trois crêpes ancestrales, trois traditions, trois significations. Inclusives, respectueuses, et délicieuses.
Trois crêpes, trois fêtes qui, dans leur essence, célèbrent la fin d’un cycle, le retour de la lumière, la renaissance de la Terre, la force des femmes, la transmission, la communauté, la résistance. Ces recettes, comme ces trois fêtes survivent à des siècles de colonisation, de tentatives d’effacement, de hiérarchisation culturelle. Elles prouvent que les peuples ne cessent jamais de célébrer, cuisiner, transmettre. Même quand on leur dit que leurs traditions n’ont pas de valeur. Et au centre de ces fêtes, une recette universelle : la crêpe.
Avant de préparer la pâte et de savourer les crêpes, voyons voir la signification de cette gourmandise. Mardi Gras c’est la fête avant la restriction. La dernière danse avant le Carême. Et avant, avant le Carême, on finissait les réserves : farine, lait, œufs, beurre. Les gens faisaient des crêpes pour ne rien gaspiller, mais aussi pour attirer la lumière. La crêpe symbolise alors transition, lumière, et renouveau. Ronde et dorée, elle représente le soleil qui revient après l’hiver. Ce rituel païen devient chrétien, puis populaire, puis familial. Un rituel transmis par les femmes, encore et toujours.

Faire une crêpe pour quelqu’un qui en a besoin : un voisin, un ami, un collègue. La solidarité, c’est aussi ça, la France populaire.
Ah… Mardi Gras et ses crêpes, voilà un vrai héritage populaire et solaire. Parce que sans le savoir en sucrant nos crêpes, on fête la résistance populaire. En effet, Mardi Gras, avant d’être une fête chrétienne, était une fête païenne liée au soleil, à la fin de l’hiver, au retour de la lumière. Les historiens rappellent que ces fêtes ont été absorbées, transformées, réinterprétées par l’Église, mais qu’elles gardent leur essence : célébrer la vie avant la restriction. Rituel du renouveau, geste de transmission, acte de survie, c’est surtout une fête du peuple, et pas des élites.

Pourquoi le sarrasin? Parce qu’il sain, sans gluten, très rassasiant… Et puis ça change !
Comme pour la crêpe de mardi gras, avant de nous lancer dans la préparation de la crêpe vietnamienne, on s’interroge un peu sur son histoire et sa signification. Au Vietnam, le Bánh Xèo est une crêpe jaune comme l’or, symbole de prospérité. Elle crépite dans la poêle — xèo — comme un feu d’artifice. Sa couleur jaune, obtenue grâce au curcuma, symbolise l’or, la chance, la prospérité. C’est la crêpe du partage en famille, roulée dans des feuilles, trempée dans une sauce douce.
Bánh Xèo raconte les villages, les marchés, les femmes qui cuisinent pour dix, pour vingt, pour toute la famille élargie. Elle raconte aussi l’histoire coloniale.

Partager la crêpe à la vietnamienne : on roule, on trempe, on rit, on raconte. La nourriture comme lien, comme transmission, comme mémoire diasporique.
Le Nouvel An lunaire, célébré par des centaines de millions de personnes, n’est pas une « curiosité exotique ». C’est un changement de cycle cosmique, un moment où l’on honore les ancêtres, remercie la Terre, nettoie symboliquement l’ancien, accueille la lumière, prépare le printemps. Les anthropologues rappellent que ces fêtes sont parmi les plus anciennes célébrations humaines. Elles sont profondément liées aux saisons, aux récoltes, aux cycles lunaires. Ecologiques avant l’heure, quoi ! Et elles sont matriarcales dans leur transmission : ce sont les femmes qui préparent, enseignent, transmettent, racontent.
Dans de nombreuses diasporas asiatiques, ces traditions ont survécu malgré les colonisations, les interdictions linguistiques, les politiques d’assimilation, les stéréotypes racistes, les tentatives d’effacement culturel. La cuisine est souvent un refuge, un espace de résistance, un lieu de mémoire. Les chercheurs en histoire coloniale rappellent que la cuisine vietnamienne a été dévalorisée, exotisée, folklorisée pendant la période coloniale. Pourtant, les Vietnamiens ont gardé leurs recettes, leurs herbes, leurs gestes. La cuisine comme résistance. La crêpe comme mémoire. C’est encore meilleur, hein ?
Et jamais deux sans trois… Avant de concocter et se régaler de la délicieuse msemen, creusons un peu son histoire et sa signification. Au Maghreb, les crêpes sont un pilier du ftour (repas qui est pris chaque soir par les musulmans au coucher du soleil pendant le jeûne du mois de ramadan). Les Msemen ne sont pas rondes, mais carrées. Feuilletées, dorées, elles symbolisent la générosité, l’hospitalité, la patience. Sans oublier : la transformation puisque la pâte se forme feuille après feuille. Elles accompagnent le thé, la harira, les dattes. Elles réchauffent les cœurs après une journée de jeûne. Ces crêpes racontent aussi l’histoire des femmes : celles qui pétrissent, étalent, plient, nourrissent. Celles qui tiennent les familles, les traditions, les mémoires.

Inviter quelqu’un à la table du ftour, même symboliquement. Le Ramadan, c’est aussi et surtout l’ouverture, la douceur, la communauté.
Une crêpe qui raconte les femmes… Les Msemen racontent toute la patience, la spiritualité, la communauté et aussi les femmes. Les anthropologues rappellent que dans de nombreuses régions du Maghreb, la cuisine reste un espace de résistance culturelle face aux politiques d’assimilation coloniale. Le Msemen est donc un geste politique, délicieusement savoureux.
À travers ces trois fêtes, on constate la même chose. Depuis toujours, les peuples créent des rituels pour se rassembler, partager, traverser les saisons, célébrer la vie.
Comme si ce cercle de pâte parlait autant à nos estomacs qu’à nos esprits. L’entendez-vous . « On est ensemble. On se transmet. Cuisner, résister, aimer… » Rebellissime, c’est ça : faire dialoguer les cultures, les mémoires, les traditions. Sans hiérarchie, ni folklore, encore moins d’exotisation. Juste la beauté du monde.
Trois continents, trois spiritualités, trois histoires. Et pourtant, un même geste ancestral : verser une pâte, la laisser dorer, la retourner, la partager. Elle est ronde comme le soleil, carrée simple comme la survie, généreuse comme les femmes qui la transmettent. La crêpe, c’est l’aliment du renouveau, du passage, du « on recommence », du « on se relève ».
Et si on reliait ces trois fêtes , trop souvent séparées par l’histoire coloniale, les frontières, les préjugés ? Elles nous raconteraient alors ce qu’elles ont en commun. Il serait certainement question de résistance, de joie, de partage, de lumière…
Cette idée du renouveau, on la retrouve dans Mardi Gras, fête de l’abondance avant le Carême, dans le nouvel an lunaire qui célèbre le renouveau et dans le Ramadan, mois de purification, de patience, de transformation intérieure. Trois fêtes, trois façons de dire : Le printemps arrive! La Terre se réveille et les humain aussi ! Et les femmes encore plus ! Parce que ce sont elles, partout. Partout, elle tiennent les cuisines, les traditions. Les crêpes du monde reflètent également ces gestes que les femmes du monde entier se transmettent à travers les générations. Des gestes de partage autant que de résistance.

Ces trois crêpes, ces trois fêtes, ces trois traditions ont été trop souvent opposées, hiérarchisées, folklorisées. La colonisation a tenté d’effacer les cuisines, les langues, les gestes. Elle a tenté de faire croire que certaines cultures étaient « supérieures », d’autres « arriérées ». Mais les crêpes survivent et traversent les époques et les cuisines. Les femmes transmettent toujours. Les diasporas résistent. Les gestes ancestraux traversent les frontières pour nous rassembler autour de la table.
Française, vietnamienne, marocaine, la crêpe raconte trois continents, trois histoires, une même humanité. Elle nous fait de l’oeil dans le plat et murmure : « Nous existons, célébrons, résistons, transmettons. Nous sommes multiples et vivantes.
À la même période de l’année, trois grandes fêtes se croisent, se frôlent, se répondent et font échos du vivre ensemble qui nous anime. Oui qui nous anime, n’en déplaise à certains occupés à cliver, diviser pour encore plus de bénéfices. Les vrais rebelles, c’est nous ! Amour, générosité, bienveillance, eco responsabilité, altruisme sont les nouveaux actes de rébellion…. Oui, oui, oui, on y revient toujours : Peace, love and having fun. Les vrais rebelles c’est nous. Critiquer, diviser, être auto centré on laisse cela aux êtres sans profondeur, c’est trop simple, basique….
Mardi Gras, le Nouvel An lunaire et le Ramadan sont trois façons de dire : la lumière revient. La Terre se réchauffe. Alors que les colonisations tentent d’effacer les langues, les cuisines, les rites. Quand les politiques d’assimilation cherchent à imposer un modèle culturel unique, que les traditions populaires sont dévalorisées. Tandis que les cuisines non européennes sont parfois considérées comme « inférieures » ou « exotiques »… Les humains se rassemblent. Les femmes transmettent. Les diasporas résistent. Les peuples se relèvent. Et si on célébrait tout ça ensemble, autour d’une crêpe — ou trois ? Crêpe, Bánh Xèo, Msemen, trois recettes pour faire le tour du monde, se régaler, nourrir vos corps et nos esprits ! Bon appétit !.
