Hommage à Calbo d’Ärsenik 🖤

Le rap français vient de perdre l’un des siens. Calbo d’Ärsenik, l’un des piliers de notre hip hop nous a quitté ce 4 janvier 2026. RIP
🖤 Calbo, de son vrai nom Calbony M’Bani, s’est éteint le 4 janvier 2026 à l’âge de 53 ans. Une disparition qui bouleverse toute une génération — la mienne, la tienne, celle qui a grandi avec les mots d’Ärsenik comme boussole, comme armure, comme vérité. Calbo, c’était cette présence calme et puissante, cette manière unique de poser, de raconter, de transmettre. Une voix qui vibrait comme un tambour, un cœur, un héritage.
Originaire de Villiers-le-Bel, profondément attaché à son quartier de La Cerisaie, Calbo forme avec son frère Lino l’un des duos les plus respectés de l’histoire du rap français : Ärsenik. Dès les années 1990, ils imposent une écriture tranchante, une conscience politique rare, une noirceur lucide, une poésie brute. Leur premier album, Quelques gouttes suffisent, puis Quelque chose a survécu, deviennent des classiques instantanés. Leur voix — grave, profonde, habitée — résonne encore dans Boxe avec les mots, Affaires de famille, Regarde le monde.
En tant que journaliste et rédactrice en chef de Rebellissime, j’ai eu l’immense honneur de rencontrer Lino et Calbo pour une interview qui reste, encore aujourd’hui, l’un des moments les plus forts de ma carrière et de ma vie de hip hopienne.
Cette rencontre, je ne l’oublierai jamais. Parce que leurs sons ont accompagné ma jeunesse, qu’ils ont façonné ma culture hip hop. Aussi parce qu’ils ont mis des mots sur ce que nous vivions, ce que nous ressentions, ce que nous n’arrivions pas toujours à dire.
Dans cette interview, Lino et Calbo parlaient avec une sincérité rare. De l’engagement, de la responsabilité, de la transmission, de la nécessité de dire la vérité, même quand elle dérange. La place du hip hop dans la société. L ’Afrique, les racines, l’histoire, la dignité, c’est de tout cela dont on parle.
Profondément humain, profondément conscient, profondément hip hop.
Calbo n’était pas seulement un rappeur. Il était un passeur. Un frère. Un père. Un homme aimé, comme l’a rappelé sa famille dans son communiqué, appelant à la bienveillance et au respect. Il était aussi l’un des symboles du Secteur Ä, ce collectif mythique qui a marqué l’âge d’or du rap français. Un mouvement, une époque, une énergie que l’on ne retrouvera plus jamais — mais qui continue de vivre dans nos mémoires, nos playlists, nos combats.
Calbo laisse derrière lui une œuvre immense, une empreinte indélébile, une voix qui ne s’éteindra jamais. Pour nous, pour Rebellissime, pour toutes celles et ceux qui ont grandi avec Ärsenik, cet hommage est plus qu’un article. C’est un merci. Un respect. Une reconnaissance éternelle.
Calbo, ta voix continue de vibrer. Ton héritage continue de vivre. Ton hip hop continue de nous guider. « Tchh-tchh! « Repose en paix.
