L’art de ne plus s’excuser d’exister : un acte politique


L’actualité de ces dernières semaines le rappelle avec force : les femmes dérangent… encore plus quand elles décident de ne plus s’excuser d’exister. Manuel Rebellissime du no excuse !
Dans un monde où l’on demande aux femmes d’être discrètes, polies, efficaces, minces, disponibles, performantes et reconnaissantes — parfois tout ça en même temps — il y a un geste profondément révolutionnaire : refuser de s’excuser d’exister, d’être soi, de penser différemment, de vouloir autre chose… OK cela ne touche pas que les femmes, mais on va parler de ce qu’on connaît, hein ! 😉 Surtout qu’aujourd’hui, dimanche 25 janvier 2026, c’est la journée nationale contre le sexisme et pour une société plus égalitaire. Bah.. y’a du boulot !
Ne plus s’excuser comme art de vivre
Nous sommes bien d’accord, nous ne parlons pas des bases de la politesse. Il n’est pas question de ne plus s’excuser. Mais bel et bien de la fâcheuse tendance que l’on peut avoir intégrer depuis l’enfance (parce que tout vient toujours de là, mais que attention, ce n’est pas toujours de la faute de notre mère (n’en déplaise à Freud ! ) de s’excuser de tout, pour ne pas déranger les adultes et plus largement en grandissant, de ne pas déranger les autres. Autres qui ne nous le rendront pas, mais qui saisiront cette chance de nous passer devant sans culpabilité ni syndrome de l’imposteur, ni reconnaissance aucune!
Alors dans le désordre, ça donne : ne plus s’excuser d’avoir une opinion. Ne pas s’excuser de vieillir, de prendre de la place, de changer, d’essayer, de rater, de recommencer. Ne pas s’excuser de vouloir mieux pour soi. Ce n’est pas de l’arrogance. C’est de l’hygiène mentale. Ce n’est pas de l’arrogance c’est de l’hygiène mentale. Et non, je ne suis pas sénile, je ne me répète pas : il s’agit d’un mantra !

L’injonction faite aux femmes de “ne pas déranger” n’a rien d’abstrait. Elle se manifeste dans les institutions, dans les médias, dans la technologie, dans la rue. Et les événements des dernières semaines montrent à quel point le simple fait d’exister pleinement, sans s’excuser, reste un acte de résistance.
Le nouveau président chilien d’extrême droite, José Antonio Kast choisit Judith Marin, opposante farouche à l’avortement, pour diriger le ministère des Femmes et de l’Égalité des genres. Cette décision illustre à quel point les droits des femmes restent un terrain de bataille politique, même en 2026.
La nomination récente, dans plusieurs pays, de responsables ouvertement hostiles aux droits des femmes à des postes liés à l’égalité femmes‑hommes rappelle une réalité brutale : les droits des femmes ne sont jamais acquis, ils sont négociés, instrumentalisés, parfois sacrifiés.
Ce type de décision politique envoie un message clair : on attend des femmes qu’elles restent reconnaissantes, silencieuses, dociles. Rebellissime lit ça autrement : refuser de s’excuser d’exiger ses droits, c’est déjà une forme de contre‑pouvoir.
Ne plus s’excuser de défendre ses droits, même quand le pouvoir tente de les restreindre.
Selon le dernier rapport du Global Media Monitoring Project, les femmes ne représentent que 28 % des personnes visibles ou citées dans les médias français.
Les derniers rapports internationaux sur la présence des femmes dans les médias montrent une stagnation inquiétante : moins d’un tiers des personnes visibles, citées ou expertes sont des femmes. Ce n’est pas un détail. Cela signifie que les femmes continuent d’être perçues comme des exceptions, des invitées temporaires dans un espace qui ne serait pas le leur.
Ne pas s’excuser de prendre la parole, de s’affirmer comme experte, de contredire, de déranger : c’est une manière de rééquilibrer un paysage médiatique qui peine encore à refléter la société.
Ne pas s’excuser de prendre la parole — au contraire, occuper l’espace médiatique est un acte de résistance.
Début janvier, un scandale éclate après l’usage d’outils d’IA pour générer des images non consenties de femmes “déshabillées”.
Les scandales récents autour d’images générées par IA sans consentement — souvent des femmes “déshabillées” artificiellement — montrent une nouvelle forme de violence : la capture numérique du corps féminin. Ce n’est pas seulement une dérive technologique.C’est la prolongation d’un vieux réflexe patriarcal : contrôler l’image des femmes, la manipuler, la punir quand elles s’affirment. Dans ce contexte, ne pas s’excuser d’exiger le respect de son image, de son corps, de ses limites, devient un acte politique.
Ne pas s’excuser d’exiger le respect de son image, de son corps, de son intégrité numérique.
Dans les zones rurales, le “Gang Rose” mené par Sampat Pal lutte contre les violences faites aux femmes et force les autorités à agir.
Des collectifs féminins — en Inde, en Amérique latine, en Europe — continuent de s’organiser pour protéger les femmes face aux violences, aux discriminations, aux institutions défaillantes. Ces mouvements rappellent une vérité essentielle : les femmes n’ont jamais attendu qu’on leur donne la permission d’exister. Elles s’organisent, elles se défendent, elles créent leurs propres espaces.
Ne pas s’excuser de se défendre, de s’organiser, de dire non.

Parce que chaque fois qu’une femme s’autorise à être pleinement elle-même, sans filtre et sans justification, elle ouvre une brèche. Une brèche où d’autres femmes peuvent respirer, se reconnaître, se relever.
Alors aujourd’hui, on t’invite à pratiquer un petit rituel Rebellissime : choisir une chose pour laquelle tu t’excuses trop souvent… et arrêter. Allez ! Juste pour voir ce que ça fait, pour sentir l’espace que ça libère. Pour te rappeler que ta présence n’est pas une erreur, mais une force.
Rebellissime, c’est ça aussi : apprendre à occuper sa vie comme on occupe une scène. Avec style, avec courage, avec vérité.
Refuser de s’excuser d’être visible, audible, ambitieuse, vieillissante, imparfaite, en colère, joyeuse, multiple… ce n’est pas un caprice individuel. C’est une réponse collective à un système qui préfère les femmes discrètes et reconnaissantes. C’est aussi une invitation : reprendre sa place, son temps, son corps, sa voix… sans justification.
Rebellissime, c’est exactement ça ! En ce début d’année 2026, notre média indépendant réaffirme sa ligne éditoriale. Un média qui refuse la politesse imposée, qui célèbre les femmes qui prennent de la place, qui analyse les structures tout en donnant de la force au quotidien.
Allez, on y va ensemble, tranquillement mais surement…
Choisissons une excuse que nous prononçons sans même nous en rendre compte : “désolée”, “pardon”, “je dérange”, “c’est rien”, “je suis bête”. Pendant 24h, interdiction absolue de l’utiliser !
Observons ce que ça change dans notre corps, dans notre voix, dans la manière dont les autres nous répondent. C’est un micro‑acte, mais il déplace des montagnes.
Asseyons-nous ou tenons-nous debout en occupant plus d’espace que d’habitude : épaules ouvertes, pieds ancrés, regard droit. Respirons profondément trois fois. Rappelle‑nous que notre corps n’est pas un problème à minimiser, mais un territoire à habiter.
Écrivons une phrase que nous n’osons pas dire à voix haute. Puis lisons‑la, à haute voix, pas forcément à quelqu’un — à nous-même suffit. L’important, c’est de sentir ce que ça fait de ne pas s’excuser d’avoir une volonté, un désir, une limite.
Notons une situation récente où nous nous sommes effacées, où nous avons laissé passer, où nous nous sommes excusées alors que nous n’avions rien fait de mal. Puis écrivons comment nous aurions aimé réagir. Ce n’est pas du regret : c’est de l’entraînement. Comme une séance de musculation de notre insolence !

Partageons cet article à une femme de notre entourage avec ce message simple : “Tu n’as pas à t’excuser d’exister.” Parce que la révolution se fait aussi de femme à femme.
