BARBIE ? C’EST PAS CELLE QUE VOUS CROYEZ !

Alors que 2021 nous plonge dans la seconde décennie du 3è millénaire, quelle place occupe l’iconique Barbie ? Quelle image et quelles valeurs féminines porte-t-elle ? Pourquoi les enfants l »aiment toujours autant ? Et pourquoi « Barbie girl » tourne en boucle dans ma tête ?

On a souvent tiré à boulets rouges sur cette jolie poupée ! Barbie ! Accusée de caricature  et de stigmatisation en stéréotypant la femme parfaite en une blonde aux yeux bleus, au corps filiforme, mais avec une belle poitrine. Avec comme unique ambition de s’unir à un Ken non moins plus blond, musclé et sans cervelle. Formant un couple se prélassant dans le luxe rose de la villa, la voiture de course, les chevaux, la piscine et des tonnes de fringues. Oui, mais ça, c’était avant ! Et c’est surtout une lecture de premier degrés qui ne tient pas compte de la place de Barbie dans notre société, de son évolution finalement très girly, féministe et inclusive… Non vraiment, Barbie n’est pas celle que l’on croit et Rebellissime se devait de rétablir la vérité sur cette « femme » à la réputation trop souvent bafouée !

La petite histoire

Avec Barbie, les petites filles. Oui, les petites filles… parce qu’à l’époque de son apparition, en 1960, ce sont les petites filles qui jouent à la poupée ! Avec Barbie, donc, ces petites filles ne jouent plus à  la maman avec leur poupée. Non, elles jouent à être des Barbie, des grandes quoi ! Parce qu’en 1959, la créatrice de cette poupée, Ruth Handler, lui a donné un corps de femme, avec une poitrine et de longues jambes fines, de longs cheveux blonds, bref une mannequin avec la garde-robe qui va avec ! Mai replaçons les choses dans leurs contextes… pour Ruth Sandler « L’idée que je me faisais de Barbie était qu’à travers la poupée, la petite fille pouvait devenir qui elle voulait. Barbie a toujours incarné une femme qui a le choix » Rapellons que la petite fille des années 60 qui a le choix n’est pas la même, ni n’a les mêmes choix que celle des années 70, 80, 90 et des millenium ! La société, les mentalités, les lois même évoluent. Les ventes quant à elles continuent d’être un succès puisque ce sont 2,5 poupées Barbie qui se vendent dans le monde chaque seconde, soit 80 millions par an. Un milliard de poupées vendues depuis sa création, plus de 4 millions déjà depuis le 1er janvier 2021 ! Pas de doute,  Barbie reste incontournable. Mais quel est son secret pour traverser les époques et les styles ?

Ruth Handler, créatrice de Barbie… bien entourée ! 

Statistique: Classement des marques de jouets les plus valorisées au niveau mondial en 2019 (en millions de dollars des États-Unis) | Statista
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Barbie… Represents ! 

Depuis 2015, Barbie devient la poupée de la diversité, avec 170 modèles, poupées et looks représentant plus de morphologies, de couleurs de peau, de styles… Barbie est même la poupée la plus diversifiée du marché ! En 2019, de nouveaux looks inclusifs font leur apparition au sein de la ligne Barbie Fashionistas. Une poupée sans cheveux, une Barbie atteinte de vitiligo, un modèle portant une prothèse dorée, un Ken aux cheveux longs et un autre Ken roux. Chaque enfant doit pouvoir se reconnaître ou se projeter dans ses poupées. Cette variété est pensée pour inspirer les enfants à imaginer encore plus d’histoires et à trouver une poupée qui leur parle. L’objectif est clair : l’univers Barbie doit être à l’image du monde réel qui nous entoure. Comme nous, donc, les poupées ont différentes couleurs de peau, variétés et textures de cheveux, formes et traits de visage. Elles sont plus ou moins grandes, rondes, musclées… Elles peuvent aussi avoir un handicap comme le modèle avec une prothèse et celui en fauteuil roulant. Elles sortent avec des Ken déclinés eux aussi en différentes couleurs de peau et d’yeux, morphologies et coupes de cheveux. Cest une véritable démarche dans laquelle s’engage Mattel. Pour développer une Barbie atteinte du vitiligo la marque Mattel a collaboré avec un dermatologue afin d’assurer une représentation réaliste.

Le prototype présenté sur le compte Instagram @BarbieStyle, est d’ailleurs devenu la publication la plus populaire jamais postée sur ce compte. Pour les poupées portant une prothèse, Mattel s’est rapproché de Jordan Reeves, une jeune fille de 13 ans dont la mission est de concevoir des solutions créatives pour aider les enfants ayant un handicap. En tout cas, le succès se confirme. En 2018, plus de la moitié des poupées vendues dans le monde prônent la différence. Parmi les dix best-sellers, sept intégrent la diversité, notamment la poupée sur une chaise roulante. En 2019, les deux poupées Barbie en fauteuil roulant accumulent les meilleures ventes de Fashionistas au Royaume-Uni. La poupée ronde à la coupe afro domine quant à elle le podium de Fashionistas à l’échelle mondiale. Du coup, on envisage pour bientôt la fin de la génance de petits mots d’enfants « Maman, regarde le monsieur  il est tout noir ». « Maman la dame elle a une jambe de pirate »

©Makha Diabira

Barbie féministe

Depuis 2018, Barbie promeut le projet Le Plafond des Rêves, une initiative mondiale pluriannuelle pour sensibiliser le public aux facteurs qui empêchent les filles d’atteindre leur plein potentiel. En effet, jusqu’en primaire, filles et garçons ne font pas de distinction entre eux. Mais on s’aperçoit qu’à partir de 5 ans, les filles croient moins en leurs compétences et se limitent dans les possibles de leur avenir. Elles intègrent également qu’elles rencontreront plus d’obstacles pour faire le métier qu’elle choisissent. 32 % des petites filles estiment que, le plus souvent, les garçons auront plus de facilité à faire le métier de leur choix (contre 28% de garçons qui le pensent).

 

Il semble qu’en 2021, les esprits restent bloqués dans un siècle passé, avec une perception sexuée des métiers.  C’est encore plus vrai pour les filles qui sont 63 %, alors que les garçons sont 57 %, à avoir le sentiment que les métiers sont genrés. Idée également majoritaire chez les parents interrogés ( 53 % )*. Cette vision stéréotypée se concrétise dans les métiers que souhaitent faire les enfants plus tard. Aujourd’hui encore, même si cela nous fait mal aux tripes et au cerveau, nos filles ne s’autorisent même pas à rêver de certains métiers… pour elle ce sera sans doute plus difficile d’exercer dans certains domaines professionnels. A compétence et fonctions égales, elles seront rémunérées moins que leurs futurs collègues masculins.  Avec sa collection, Barbie affirme des positions féministes. Sa campagne « Tu peux être tout ce que tu veux », explique le concept de Plafond des Rêves à travers une vidéo.

Avec une collection non commercialisées, de 10 poupées uniques à l’effigie de 10 femmes inspirantes de plusieurs pays européens**, âgées de 17 à 34 ans et parlant 10 langues… Barbie continue sa saga rendant hommage aux femmes d’exception. Ces femmes deviennent donc des égéries, des icônes Barbie, au-delà de la distinction que cela peut représenter d’avoir sa poupée, il y a une très forte symbolique. 10 championnes, sportives et athlètes de haut-niveau… De quoi construire le monde de demain (quoi qu’il advienne nous appartient**), avec des compétitions féminines pro, aux budgets, sponsors, audiences égaux à ceux de leurs collègues masculins d’aujourd’hui !

Collection Barbie « Inspiring Women » : 17 poupées dont Katherine Johnson, afro-américaine, physicienne, mathématicienne et ingénieure spatiale, en 1950, en pleine ségrégation aux États-Unis; l‘astronaute Sally Ride; Rosa Parks, considérée comme la « mère du mouvement des droits civiques » après avoir refusé de céder son siège d’autobus à un homme blanc de l’Alabama; Frida Khalo, artiste mexicaine, activiste et icône du féminisme; Amelia Earhart, aviatrice américaine

Jouer aux grandes

Jouer à la poupée, un truc de fille, gnan gnan et réducteur, qui les conditionnerait même  à se conformer aux stéréotypes et clichés sur la condition féminine. Nan, nan, génération, nan, nan !  Selon une étude*** utilisant la neuro-imagerie,  jouer à la poupée permettrait aux enfants de développer leurs aptitudes sociales lorsqu’ils jouent seuls a contrario du jeu sur les écrans ! Impact positif donc. Les résultats montrent que les régions du cerveau qui sont associées au traitement des informations sociales et à l’empathie s’activent durant cette activité. Barbie et des neuroscientifiques de l’université de Cardiff ont collaboré pour explorer l’impact positif du jeu à la poupée chez les enfants. En jouant avec des poupées représentatives de la diversité, prenant en compte tous les composants de la société et les possibles de la vie au féminin, les esprits ne se ferment pas. Barbie, n’est pas Barbitch ! Une blonde, sans cerveau, à la belle plastique, focalisée sur son apparence, le fric et les fringues ! Nan, nan, et ce depuis ses débuts en 1959 puisqu’en remontant le temps on s’aperçoit que si elle a beaucoup été mannequin, chanteuse, infirmière, ballerine, hôtesse de l’air, Miss, … Elle a aussi été dès 1963 femme d’affaire, astronaute (1964), chirurgien (1973), ambassadrice de la paix (1986), officielle police montée canadienne (1987), candidate aux élections (2000)… Pas banal, précurseuse même notre petite poupée !

Lisa McKnight, première vice-présidente et directrice générale de Barbie
Lisa McKnight, première vice-présidente et directrice générale de Barbie

“En tant que marque qui inspire le potentiel illimité des filles, Barbie honorera sa plus grande collection de modèles de rôle à l’occasion de la Journée internationale de la femme parce que nous savons que vous ne pouvez pas être ce que vous ne pouvez pas voir, » a déclaré Lisa McKnight, première vice-présidente et directrice générale de Barbie, dans une déclaration. Lisa McKnight a ajouté: « Les filles ont toujours eu la possibilité de jouer différents rôles et de faire différentes carrières avec les poupées Barbie et nous sommes ravis de mettre en lumière des modèles de la vie réelle pour leur rappeler qu’elles peuvent être ce qu’elle veulent« . 

Les nouveautés 2021

Barbie persiste et signe… La marque emblématique a été nommée 1ère propriété du jouet dans le monde en 2020 (par le groupe NPD, spécialiste des études de marché et d’analyses). En France, Barbie est la 1ère marque du marché du jouet. Et la volonté de la marque de représenter la diversité reste la même. « Alors que Barbie accélère pour atteindre de nouveaux sommets en tant que « Marque de jouets de l’année**** » et se maintient en tant que première marque de poupées mannequins, le message est clair : la marque Barbie est plus pertinente que jamais. En tant que ligne de poupées mannequins la plus diversifiée du marché, nous prenons la grande responsabilité de mieux refléter le monde qui nous entoure et nous savons qu’il y a de nombreux avantages à exposer les enfants à des poupées ayant des couleurs de peau, des types de cheveux ou des silhouettes différents. Nous sommes fiers d’offrir un choix encore plus large et diversifié avec la dernière ligne Barbie Fashionistas, afin que plus d’enfants se voient représentés » insiste Lisa McKnight, Sénior Vice-présidente Barbie et Directrice de la catégorie Poupée

Barbie Fashionistas 2021 : Ken a lui aussi son fauteuil, ou bien une coupe afro ultra tendance et une nouvelle Barbie atteinte de vitiligo vient élargir la gamme de couleurs de peaux.

Barbie Fashionistas 2021 : Ken a lui aussi son fauteuil, ou bien une coupe afro ultra tendance et une nouvelle Barbie atteinte de vitiligo vient élargir la gamme de couleurs de peaux.

Alors… on vous l’avait dit  ! Barbie n’est pas celle que l’on croit, et comme sur toutes les femmes, on ne peut que déplorer, encore une fois, le trop plein de préjugés, de barrières. Non ? En tout cas, on ne regardera certainement plus nos enfants jouer à la poupée de la même manière ! Quand à la chanson  » Barbie girl » qui tourne toujours en boucle,  (8 millions d’exemplaires vendus à travers le monde pour le groupe Aqua), bien caricaturale, elle n’est finalement pas si légère que cela quand on s’aventure à lire entre les lignes… Et quand Booba la reprend.

*Sondage « Regards croisés Parents/Enfants sur la question du genre dans la société » réalisé pour Barbie, sur 550 enfants, représentatif de la population française âgée de 7 à 10 ans et 585 parents d’enfants de moins de 18 ans. 

** • Amandine Henry (France) , Footballeuse française, elle  joue actuellement en tant que milieu défensif à l’Olympique Lyonnais et dans l’équipe de France. Elle a remporté le ballon d’argent de la Coupe du monde féminine de la FIFA en 2015, qui l’a sacrée deuxième meilleure joueuse du tournoi. • Dina Asher-Smith (Royaume-Uni), coureuse britannique la plus rapide de l’histoire, elle est championne du monde et quadruple championne européenne. • Malaika Mihambo (Allemagne)  jeune athlète de 26 ans. Elle est devenue championne du monde en 2019 et devient la deuxième meilleure sauteuse en longueur féminine de tous les temps en Allemagne. • Teresa Bonvalot (Portugal),  surfeuse professionnelle portugaise. Sacrée deux fois championne européenne de surf junior, elle a également raflé la 1ère place du Junior Tour féminin de 2016, devenant la première surfeuse de son pays à remporter un titre junior européen de la World Surf League (WSL). • Anat Lelior (Israël), surfeuse de 19 ans originaire de Tel Aviv, en Israël. En 2019, Anat a été sélectionnée pour participer aux Jeux olympiques de Tokyo en 2020, où elle représentera son pays. • Sümeyye Boyacı (Turquie), nageuse paralympique turque. Spécialisée en sprint, elle participe aux compétitions dans la catégorie handisport 5S en nage libre, en dos et en papillon. En 2019, elle a remporté la médaille d’or en 50m dos lors des World Series de natation handisport à Indianapolis, aux États-Unis, en 45,28 secondes • Olga Kharlan est médaillée de bronze ukrainienne d’escrime au sabre. Sacrée cinq fois championne du monde et cinq fois championne d’Europe, Olga, 29 ans, a aussi remporté le titre d’Athlète de l’année du Prix des héros sportifs ukrainiens de l’année, en 2009. Olga, qui pratique l’escrime depuis l’âge de 10 ans avec son parrain, s’est rapidement fait une place dans la discipline grâce à sa rapidité et à son agilité. • Airinė Palšytė (Lituanie), médaillée d’or lituanienne de saut en hauteur. Elle est également repartie avec la médaille d’or lors des championnats d’Europe d’athlétisme en salle en 2017. • Gisela Pulido (Espagne), kitesurfeuse professionnelle espagnole de 26 ans. Elle a remporté dix fois le titre de championne du monde dans cette discipline (en 2004, 2005, 2006, 2007, 2008, 2010, 2011, 2013, et 2015). • Ana Peleteiro (Espagne),  athlète espagnole spécialiste du triple saut et détient le record national dans la catégorie des moins de 18 ans, tous âges confondus. Elle est actuellement championne européenne en salle dans sa spécialité. • Amanda Sampedro (Espagne) Footballeuse espagnole, capitaine de l’équipe de l’Atlético de Madrid depuis 2010, avec laquelle elle a remporté 3 ligues et une Coupe d’Espagne. En sélection internationale, elle fait aussi partie des capitaines de l’équipe féminine nationale d’Espagne. 

***Publiée dans Frontiers in Human Neuroscience, une revue de premier plan dans le domaine médical, cette étude a été validée par des chercheurs qui l’ont rigoureusement évaluée. Pour comprendre la pertinence de cette étude, Barbie dévoile aussi les résultats d’une enquête mondiale réalisée indépendamment dans 22 pays, dans laquelle 15 000 parents ont été interrogés. Cette enquête a montré que 84,4 % des parents français considèrent l’empathie comme une compétence sociale clé qu’ils aimeraient que leur enfant développe. Un autre constat est également soulevé : seulement 24 % des parents ont conscience que jouer à la poupée peut les aider à développer ces compétences sociales, un pourcentage très faible. Aujourd’hui plus que jamais, avec cette pandémie mondiale, les parents sont de plus en plus soucieux (65,6 %) de s’assurer que leur enfant développe ces aptitudes sociales. Pour accompagner les parents, Barbie lance une page dédiée sur son site internet qui offre toutes les ressources pour les aider à développer les aptitudes sociales de leurs enfants.

*** Source: The NPD Group/ Retail Tracking Service, U.S. Dollar Sales, January-December 2020

 

Virginie Legourd

Mercredi 20 janvier 2021

Mise à jour le 3 février  2021